02 mai 2012
Pourquoi le grand débat de la présidentielle ?

La tradition sera une nouvelle fois respectée ce soir à partir de 21H. Radios et télévisions diffuseront le grand débat de la présidentielle qui opposera les deux candidats arrivés en tête au soir du premier tour. Le président sortant Nicolas Sarkozy fera face à son challenger François Hollande.
Attendu par les français, ce duel est assuré d’un gros carton à l’audimat. Volontairement aseptisé, personne ne s’attend à une grosse variation des tendances à son issue. Chacun se contentera des commentaires des lieutenants des deux camps qui, par tradition là aussi, assurerons à tour de rôle que leur poulain a remporté le débat !
Non, si les français sont si friands de ce rendez-vous présidentiel, c’est qu’ils attendent le bon mot ou la petite phrase assassine qui viendra égayer ce dernier. Du « Vous n’avez pas le monopole du cœur » lancé par VGE à François Mitterrand en 1974, en passant par la formule acérée de « l’homme du passif » du même François Mitterrand à VGE en 1981, pour terminer par le caustique « Vous avez tout à fait raison Monsieur Le Premier Ministre ! » de François Mitterrand à Jacques Chirac qui lui avait lancé : « Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre, et vous n'êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité […], vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand. », tous les coups sont permis et les armes bien affutées !
Gageons que Nicolas Sarkozy veillera à valoriser son expérience de sortant pour parer à une modération d’un François Hollande soucieux de préserver son petit avantage glané au premier tour. Le débat de ce soir, sauf erreur magistrale d’un des deux candidats, devrait se révéler un tantinet ennuyeux.
A l’image de son début de prestation risible lors de l’émission « des paroles et des actes », je ne doute pas que Nicolas Sarkozy aura à cœur de rappeler son souhait de participer à trois débats dans cet entre-deux tours. Chose à laquelle j’espère une réplique sanglante de François Hollande qui ne manquera pas de lui faire remarquer que trois débats ne sont pas nécessaires pour explorer un quinquennat bien trop long pour la France autant que pour les français !
A la manière de Grégoire Lacroix : « Elever très haut le débat est une façon élégante de le perdre de vue. »
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07 mars 2012
Pourquoi occulter la fonction présidentielle ?

Le parti pris d’Hervé Gattegno du vendredi 5 mars, est venu confirmer une étrange sensation : la campagne présidentielle de 2012 ne passionne pas les français !
Moment stratégique de notre vie démocratique, l’élection présidentielle n’est pas un scrutin comme les autres. Les français ne se contentent pas d’adouber une litanie de promesses ou une belle stratégie de campagne. Les français ouvrent les portes de l’Elysée à celui (ou celle) qu’ils jugent le plus apte à endosser le costume de Chef de l’Etat et à embrasser pleinement la fonction présidentielle.
Sur cette base, nombre de français estiment que les échanges actuels ne sont pas à la hauteur de leurs attentes et, qu’avec la complicité de journalistes bien plus portés sur le sensationnel, cette campagne est entrain de leur être volée.
La semaine passée, un article de Médiapart s’est fait l’écho de la couverture affligeante accordée par I-Télé et BFM TV à la visite de François Hollande au Salon de l’Agriculture : six heures de direct pour disséquer les stands visités, les mets consommés et les bêtes caressées ! Nous touchons le fond du sceau… Sur le même ton, on s’est étonné de voir réapparaitre Cécilia Attias (ex-Sarkozy) venue sur LCI nous confier qu’elle croyait en la réélection de son ex-mari. De grâce n’en jetez plus, la couple est pleine !
Bien qu’ils s’en défendent souvent, les français ont une « affection toute particulière » pour leur Chef de l’Etat. Beaucoup voient en lui une forme de Père de la Nation capable de défendre leurs intérêts à travers le monde, de les rassembler dans les périodes de trouble, de les entendre lorsqu’ils expriment leur mécontentement, de les protéger si nos intérêts nationaux sont attaqués et, si les circonstances l’exigent, d’user d’assez de discernement et de sang-froid pour déclencher le feu nucléaire.
A ce titre, et sans recourir à un quelconque déni de faciès, soyons honnêtes : il ne suffit pas de vouloir être président ou de vouloir partager ses idées politiques ; accéder à la magistrature suprême impose d’avoir le « physique de l’emploi » et l’envergure politique et morale pour incarner cette fonction si convoitée.

Sur ce schéma, ce n’est sans doute pas un hasard si des hommes comme Charles De Gaulle, François Mitterrand ou Jacques Chirac sont parvenus à leurs fins. Ce n’est sans doute pas non plus un hasard si Valéry Giscard d’Estaing n’a pas été réélu pour un second mandat. Ce n’est pas porter ombrage à la fonction si, je me risque à juger qu’à mon sens, Nicolas Sarkozy ne s’est pas montré totalement digne de celle-ci.
La fonction présidentielle n’aime pas le mélange des genres. Interpellé sur le style d’hyper-président défendu par Nicolas Sarkozy et de sa compatibilité avec la Vème République, le président du Conseil Constitutionnel Jean-Louis Debré avait indiqué que chaque Chef de l’Etat dispose de la liberté d’imprimer sa propre marque dans le respect du texte constitutionnel et qu’aucun style n’est inférieur à un autre. Pour ma part, sans doute bercé des mes dernières illusions utopiques, je demeure convaincu qu’un Président qui rassemble plus qu’il ne divise, qui conserve une retenue soutenue et qui sait distinguer les intérêts du pays de ceux de son propre camp, est un Président à la hauteur de cette suprême dignité. Nicolas Sarkozy en personnalisant la fonction et faisant de l’Elysée une annexe de l’UMP, a dévalorisé celle-ci et brisé le mythe qui l’entourait jusqu’alors.
La campagne présidentielle de 2012 ne passionne pas les français. Qui peut s’en étonner ? En occultant les sujets essentiels, en s’invectivant les uns les autres, en ramenant les enjeux de la Nation aux simples querelles partisanes et en oubliant le quotidien vécu par nos compatriotes, les candidats ont anémié le débat et paralysé les idéaux républicains.
La France, la République et le Peuple, ne sont pas les serpillières de vos carrières ! Mesdames, Messieurs, au nom de ce qui est censé nous réunir : montrez-vous dignes de la fonction à laquelle vous postulez !
A la manière de Charles De Gaulle : « La France ne peut être la France sans la grandeur ».
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25 janvier 2012
Pourquoi le retour de l’info indépendante ?

Faut-il s’en plaindre ou s’en étonner, internet a rendu l’information accessible à tous avec une sinistre instantanéité sont se serait bien passés les gouvernants et autres peoples du monde entier. Si l’information radio est toujours prisée par les français au réveil ; les nouvelles chaines de la TNT et leur format souvent décalé ont donné un sérieux coup de vieux à l’info des grandes chaines traditionnelles. La presse quant à elle et en de rares exceptions, s’étiole et s’affole avant de sombrer lentement vers l’abîme.
Les gouvernants du monde entier sont friands des médias qu’ils peuvent maîtriser ou contrôler. Si la France a abandonné de longue date son Ministère de l’Information, la reprise en main de l’audiovisuel public sous la présidence de Nicolas Sarkozy laisse songeur quant à la justesse de l’information qui est rendue aux français. Par ailleurs, je reste songeur lorsque sur un fait marquant longuement traité, les journalistes arrivent quelques semaines plus tard à s’interroger de savoir s’ils ont bien fait leur métier…
Même s’il est de notoriété publique que l’on trouve de tout sur internet, le bon comme le mauvais, il n’est pas inutile de rendre hommage au travail –parfois confidentiel- mené par certains journalistes qui parviennent à demeurer indépendants.

La tête de gondole de cette info pas censurée, travaillée et réellement documentée, demeure incontestablement Edwy Plenel et son journal numérique Médiapart. Le « mis sur écoute » a volé la vedette au regretté Vrai Journal de Karl Zéro sur Canal + qui nous a bien régalé durant quelques années.
En lisant Médiapart vous ne trouverez certainement aucune référence sur la couleur des chaussettes de François Hollande ou sur le pourquoi du comment de la méchanceté de Nadine Morano. Mais bel et bien une information claire, objective, pas seulement franco-française et compréhensible par tous à la condition de faire l’effort… de lire un peu ! Pour un abonnement de 9€ / mois aucun regret à avoir.
Au rayon de ces médias volontairement indépendants et pas si confidentiels que ça, la France compte depuis lundi dernier l’édition locale et gratuite d’HuffingtonPost dirigé par Anne Sinclair qui annonce elle-même la couleur dans son édito : « Les organes de presse meurent aussi, et c'est toujours un recul de la démocratie. Ils ne sont pas les seuls lieux où le débat peut éclore, mais qui peut nier qu'ils en font partie ? Alors, quand naît un nouveau projet éditorial, savourons au moins quelques instants la petite pierre apportée au maintien d'une démocratie pluraliste ».
Quelques mots qu’Edwy Plenel ne reniera pas tant il défend l’idée depuis longtemps que l’information ne vaut que lorsqu’elle est partagée et accessible à tous et par tous. Le retour de l’info indépendante était attendue, souhaitons qu’elle réussisse son pari et qu’elle rende au journalisme ses lettres de noblesse passées et rendues obsolètes au gré du temps et des dirigeants.
A la manière d’Epictète : « La liberté, c’est l’indépendance de la pensée ».
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02 juin 2009
Pourquoi le vol AF447 prouve l’indécence de la presse et de notre Président de la République ?

CHOQUE.
C'est le mot qui me vient immédiatement à l'esprit après la disparition -encore incompréhensible- du vol AF 447 où 228 personnes (dont 73 français) ont perdu la vie au dessus de l'Océan Atlantique. Comme chacun je partage le chagrin des familles qui ont perdu un proche dans cet accident et qui restent seuls face à leurs questions et leur douleur.
CHOQUE.
C'est bien le mot après le traitement de cette information par la presse écrite et télévisée. Comment ne peut-on pas l'être après avoir vu et entendu les divers reportages et autres commentaires qui sont revenus à nos oreilles bien plus comme du sensationnel plutôt que de l'information traditionnelle ?
Des tonnes, ils en ont fait des tonnes ! Prendre l'antenne sans même disposer de la moindre information ! Tenir l'antenne pour filmer les familles des victimes arrivant en pleurs à la cellule de crise de Roissy ! Monopoliser l'antenne pour faire parler cet homme qui avait fait des pieds et des mains pour prendre ce vol !
Comment des journalistes professionnels peuvent-ils salir leur métier de cette manière et écraser l'exigence de respect silencieux pour les familles des personnes disparues ? Quelle indécence.
CHOQUE.
C'est bien le mot qui m'anime après le déballage politico-récupérateur du Président Nicolas Sarkozy qui, légitimement, arrive pour soutenir les familles et ne cherche au final qu'à faire sa représentation théâtrale cernée par ses ministres devant les caméras de télévision sans disposer de plus d'informations.
Voilà une bien curieuse manière d'apporter le soutien de toute la Nation à ces personnes qui ont besoin de recueillement et d'isolement pour pleurer, comprendre et accepter la terrible fatalité de cet accident.
Venir et puis partir dans la dignité. Telle était l'attitude souhaitée pour un Chef de l'Etat qui respecte son Peuple. Quelle indécence.
CHOQUE.
Que la presse toute entière n'ait pas eu le même besoin de tenir le crachoir lorsque le 16 août 2005 le vol West Caribbean 708 s'est écrasé au Vénézuela en emportant la vie de 152 de nos compatriotes de Martinique. Cette information avait été relayé au rang de simple fait-divers.
Les français seraient-ils décidément condamnés à la médiocrité ?
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