15 avril 2009

Pourquoi Maurice Druon s’est envolé vers l’éternité ?

 

maurice druon.jpgMaurice Druon s’est éteint le 14 mars 2009 à Paris à la veille de son 90ème anniversaire.

Ecrivain devenu immortel lors de son entrée à l’Académie Française, je reste un éternel passionné pour son œuvre devenue « monument national » : Les Rois Maudits. C’est grâce la lecture de ces sept volumes -gardés précieusement dans ma bibliothèque- que j’ai découvert le plaisir des mots, de la lecture et de l’Histoire.

Maurice Druon n’a jamais usurpé le titre de Résistant. Le plus bel hommage à lui rendre est de publier un autre de ses chefs d’œuvre « le chant des partisans » qui restera dans les mémoires comme l’hymne de la résistance française à l’occupation nazie.

 

« LE CHANT DES PARTISANS »

Paroles de Maurice Druon et de Joseph Kessel

Musique d’Anna Marly

 

Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines?
Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu'on enchaîne?
Ohé! partisans,
Ouvriers et paysans,
C'est l'alarme!
Ce soir l'ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes!

Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades!
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades...
Ohé! les tueurs,
A la balle et au couteau,
Tuez vite!
Ohé! saboteur,
Attention à ton fardeau:
Dynamite!

C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères,
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère...
Il y a des pays
Ou les gens au creux de lits
Font des rêves;
Ici, nous, vois-tu,
Nous on marche et nous on tue,
Nous on crève.

Ici chacun sait
Ce qu'il veut, ce qui'il fait
Quand il passe...
Ami, si tu tombes
Un ami sort de l'ombre
A ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Sifflez, compagnons,
Dans la nuit la Liberté
Nous écoute...


25 octobre 2007

Pourquoi j’écris ma lettre à Guy Mocquet ?

4d3ab920836a6d85d9ca9f05e6a787a3.jpgJeudi 25 octobre 2007,

Mon cher Guy, nous ne nous connaissons pas, mais moi j’ai beaucoup entendu parler de toi.

Tu es parti en pleine guerre, et plus de soixante ans après ton départ, l’Histoire ne cesse de s’écrire et de se répéter. Rassure-toi les nazis sont partis, certains ont même été jugés pour les crimes qu’ils avaient perpétrés. Pas tous, le monde ne les a pas jugé assez vite pour qu’ils puissent être tous punis. Les allemands sont nos amis depuis longtemps. Avec eux nous avons réussi à faire la paix alors qu’entres-nous, nous continuons à nous battre pour des idéaux qui me dépassent parfois.

Depuis mai, nous avons un nouveau Président. Il s’appelle Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas un Président de gauche, le dernier était resté quatorze ans à l’Elysée. C’était il y a bien longtemps maintenant.

Ce Président là, se revendique des idées du Général De Gaulle -que tu as tout juste connu- mais assume son libéralisme en le teintant de pointes de valeurs sociales. Il n’est pas communiste. Il n’y a plus de communistes aujourd’hui d’ailleurs, du moins au sens où tu pourrais le comprendre.

Soixante ans ont passé et la France a beaucoup évoluée. Elle souhaite faire la paix avec son passé même si elle n’y arrive pas toujours. Nous continuons à honorer les français de ton époque presque par superstition. Sans doute par peur de voir revenir de vieux démons qui ne cessent de nous hanter.

C’est dans cet esprit même, que tu seras surpris d’apprendre que notre nouveau Président t’a choisi pour incarner le visage de cette jeunesse résistante morte pour la France. Comme une relique, ta dernière lettre adressée à ta famille, a été lue lundi dernier dans tous les lycées de cette France que tu aimais tant.

Certains professeurs de lycées et les derniers communistes français n’étaient pas très contents. Ils ont parlé d’exploitation politique je crois. Marie-George qui est la « camarade en Chef » était rouge de colère.

Beaucoup de polémique pour pas grand-chose. Cette lecture ne méritait pas cela même si l’on peut comprendre que certains veuillent s’approprier des symboles qui appartiennent au patrimoine commun du Peuple.

Je ne suis pas un grand admirateur de ces célébrations perpétuelles qui empêchent les français « d’après guerre » de construire leur propre Histoire. Faut-il encore que les hommes d’aujourd’hui soient capables de construire quelque chose ensemble… Entretenir la mémoire est nécessaire, mais sans porter ombrage à l’avenir que l’on se doit de construire.

d079a910891840c5c0b14897e1400c15.jpgPourquoi toi et ta lettre ? Je ne saurais trop te dire, sans doute car tu étais trop jeune pour mourir et que ton texte, aussi simple soit-il dans sa composition, était plein de courage et d’émotion contenue. Il n’en faut pas plus pour entrer dans l’Histoire tu sais, les hommes sont si égoïstes de nos jours.

Tu es un modèle pour beaucoup, et tu ne le sauras jamais…. Mais tu sais Guy, je suis très déçu. Même si je ne te connais pas je suis déçu.

Peu m’importe de savoir si tu étais communiste ou gaulliste, peu m’importe de savoir si tu t’es évanoui ou si tu es resté debout devant ces lâches nazis qui ont fusillé ton groupe, peu m’importe de savoir si tu étais jeune ou moins jeune que les autres.

Je sais que tu es resté debout, comme des centaines de milliers d’autres français, comme mes grands-pères, pour participer à protéger la République et la France. Je sais que toi, comme tous les autres, vous avez donné votre vie et fait couler votre sang pour la France.

Je sais que toi, comme tous les autres, vous avez été sacrifié pour nous permettre d’être libres aujourd’hui. Personne n’aura jamais assez de mots pour saluer votre don éternel.

Je suis déçu Guy tu sais. Je suis déçu, car même la célébration d’un symbole aussi fort et aussi beau, les français d’aujourd’hui n’ont pas réussi à le respecter. Ils ont gâché –volontairement ou involontairement- un grand moment d’unité nationale.

Prends soin de toi, embrasse tes camarades pour moi et repose en paix. Rassure toi, ils ne t’enlèveront ni ton nom et l’honneur que tu as gagné malgré toi.

Régis

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11 mai 2007

Pourquoi je suis entré en « résistance citoyenne » ?

medium_buste_de_Marianne.5.jpgLes français ont choisi leur nouveau Président de la République  : Nicolas Sarkozy. Cela surprendrai beaucoup de gens autour de moi, si j’annonçais que cette élection me remplisse de satisfaction. Bien entendu, je suis amèrement déçu de la défaite de Ségolène Royal lors du scrutin du 6 mai.

Je suis pragmatique, citoyen, démocrate et républicain. Le choix majoritaire des français s’impose donc à tous les autres. Les récentes manifestations anti-Sarkozy sonnent pour moi comme des provocations inutiles et anti-républicaines. Néanmoins, bien qu’adhérent du Parti Socialiste je ne m’estime pas abattu et me lance pour les cinq années qui viennent dans la « RESISTANCE CITOYENNE ».

A GAUCHE

medium_LOGO_PS.jpgPersonne ne doute que les élections législatives des 10 et 17 juin prochains, conduiront une vague bleue à l’assemblée Nationale. Le tout est de savoir si le Parti Socialiste saura rester rassemblé suffisamment longtemps pour espérer la présence d’au moins 200 députés dans la future assemblée.

Si je n’attends rien de la future majorité –aussi diverse et variée soit elle- j’attends en revanche beaucoup de la future opposition socialiste. Les résultats de dimanche doivent amener les socialistes à se poser des questions sur les futures orientations qu’ils doivent prendre, sur leurs logiciels d’étude et sur leur capacité à se réconcilier avec un électorat populaire qui s’est aventuré à soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy.

A mon modeste niveau, je serai véritablement offensif afin de pousser mes « camarades » à reprendre pied sur les attentes et les besoins de la population et à s’engager fermement et clairement sur des positions rénovées et réformées. Le PS a souffert depuis trop longtemps de suffisance de ses cadres et de constat objectif des besoins économiques et sociaux. La conservation des acquis et la création de nouvelles formes de solidarités et d’égalité, passent forcément par la création de richesses, donc d’une économie ouverte et amoindrie de certaines contraintes injustifiées.

Les socialistes ont sous-estimé les erreurs de « gestion » sur les 35H ou sur les retraites : les français les ont sanctionnés. Ils ont méprisés trop longtemps le salariat privé –notamment celui des PME- ces derniers ont voté massivement Bayrou au premier tour et ont choisi Sarkozy au second ! La gauche a refusé de traiter la question des régimes spéciaux et la réforme des retraites : les français ont tapé du poing sur la table et chargé Sarkozy de faire le ménage.

Quel gâchis ! Cette élection qui devait mettre un terme à un régime de droite dure et sectaire s’est soldé par une défaite d’un parti et non de sa candidate. Ségolène Royal a initié la modernisation des dogmes socialistes, je m’engage a poursuivre sur cette voie en ne permettant plus un retour en arrière d’une gauche qui ne sait plus convaincre, donc qui ne sait plus gagner !

Première mission pour le PS : en terminer avec son extrème-gauche « anti-libérale » qui ne pèse rien sur le plan politique mais la plombe dans les urnes. Les relations du PS avec ses concurrents « plus à gauche » doivent se tendre au risque que le PS ne voit fuir le Peuple de Gauche vers un Mouvement Démocrate qui pourrai lui tailler des croupières.

A DROITE

medium_LOGO_UMP.jpgIl n’y a plus grand-chose à dire sur la vaste entreprise menée par Nicolas Sarkozy depuis 2002. Le bougre a réussi son pari audacieux en rangeant sous sa coupe tous les ténors –vieillissants- de son parti et en créant une véritable machine de guerre politique et populaire à travers l’UMP.

Son « Hold-Up » démocratique a fonctionné à plein régime et permis de réconcilier les français avec une droite plus dure que jamais. Les gaullistes en sont pour leurs frais, les autres pleurent… Bravo pour ça tout du moins.

Maintenant, il ne faut pas donner au nouveau Chef de l’Etat le sentiment de croire que « TOUT DEVIENT POSSIBLE » pour lui et sa future majorité. Les citoyens sont désormais regardants et exigeants envers leur personnel politique, et la jeunesse à bien compris le rôle qu’elle doit tenir dans l’avenir.

Internet demeura l’une des rare possibilité pour exprimer ses idées en toute liberté sans risquer que celles-ci soient déformées et amaincies à la radio, à la télévision ou dans la presse. Nicolas Sarkozy a cocufier l’information, les citoyens veilleront au grain.

Autre point de taille : ne pas laisser Nicolas Sarkozy se présenter comme le Président de tous les français, en omettant de l’interroger sur ses intentions concernant quelques « points noirs » issus de l’UMP. En refusant de présenter un concurrent contre Christian Vanneste dans le Nord, ce condamné est presque assuré d’être réélu. Si Nicolas Sarkozy vient à choisir Joëlle Ceccaldi-Raynaud –Maire de Puteaux- comme successeur à la députation de sa circonscription d’élection, le nouveau Chef de l’Etat donnera un strapontin à une « condamnée » très récente, qui avec la complicité de son père a laisser diffuser un message sur le site internet de la ville de Puteaux, laissant supposer qu’un citoyen avait des penchants pédophiles. Ce n’est pas moi qui l’affirme mais la justice de la République  !

RESISTANCE CITOYENNE

medium_flag_france.9.jpgLa RESISTANCE CITOYENNE c’est tout cela. C’est refuser une gauche bête, inaudible et éloignée de la réalité de son électorat devenu potentiel. C’est refuser qu’une droite qui dispose de tous les pouvoirs, le détourne à son seul profit. C’est refuser que des élus indignes puissent se représenter devant les suffrages des citoyens. C’est refuser que les idéaux républicains soient mis à mal. C’est refuser que la France ne devienne le pays où la classe politique à tous les droits, sauf celui d’être contestée par les citoyens.

Il nous revient, à nous citoyens, de poursuivre le formidable élan démocratique de cette élection présidentielle. C’est montrer à nos dirigeants notre exigence de transparence, de probité et d’intégrité. C’est porter un regard appuyé sur nos compatriotes les plus faibles. C’est dénoncer les abus de pouvoir, les dérives de langage et les insultes faîtes à la République.

La République et la France se méritent ! A nous citoyens de les protéger contre les risques d’une démocratie dévoyée aux plus forts. Le drapeau, la devise et la Constitution sont nos biens communs. Nous en sommes les gardiens devant l’Histoire et par devoir de mémoire pour toutes celles et tous ceux qui nous ont permis d’être libres aujourd’hui.

Citoyennes, citoyens, la résistance citoyenne nous appelle !

Régis Sada

24 mars 2007

Pourquoi Lucie Aubrac ne pouvait pas s’en aller sans recevoir l’hommage de la Nation ?

medium_lucie_aubrac.jpg Le 14 mars 2007, Lucie Aubrac s’est éteinte à l’âge de 94 ans. Avec sa disparition, c’est l’une des figures de la Résistance au nazisme qui nous a quitté.

Le 21 mars 2007, le Président de la République Jacques Chirac, a fait rendre les hommages militaires à cette femme exemplaire, dans la Cour de l’Hôtel des Invalides.

Au son du « Chant des Partisans », Lucie Aubrac s’en est allé rejoindre sa terre natale et trouver le repos éternel.

J’estime que son décès est passé relativement inaperçu devant l’étalage de la campagne présidentielle. Pour palier à cette injustice de traitement, j’ai choisi de lui rendre un hommage modeste en lui écrivant ces quelques mots :

« Chère Madame, chère Lucie,

Vous nous avez quitté dans une profonde indifférence médiatique, et même si les hommages militaires vous ont été rendus, je n’ai pas eu le temps de vous dire merci.

J’ai admiré votre courage, votre force de caractère, votre indépendance et votre bataille permanente pour la liberté.

Vous n’avez jamais accepté que l’on vous enlève ce qui vous appartenait. Vous avez sauvez votre mari des griffes du nazisme et avez poursuivi votre soif de résistance.

Affaiblie par l’âge, vous n’avez jamais reculé. Tant que vos jambes vous ont porté, vous avez parcouru les collèges et les lycées de France pour défendre le devoir de mémoire auprès de la jeunesse.

Comme toutes celles et tous ceux que j’ai toujours respecter, comme mes propres grands-parents vous n’avez pas accepté la fatalité.

Si mon admiration cesse avec votre disparition, mon cœur lui, n’oubliera jamais la femme d’honneur que vous demeurez pour l’éternité.

Qui sauve une vie, sauve la vie.

Merci à vous Chère Madame, Chère Lucie, de m’avoir convaincu que la France et la Résistance se conjuguent au présent. »

Régis Sada

14:55 Publié dans Elever la République ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : lucie aubrac, resistance, france, invalides, décès, guerre, lutte | |  Facebook