29 avril 2009

Pourquoi les sympathisants de gauche n’excluent plus une alliance avec le MoDem ?

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« Bayrou, l'homme qui parle à l'oreille de la gauche ». C'est le début d'explication du journal Libération daté du 27 avril 2009 à une question posée lors d'un sondage sur les attentes des électeurs en matière de futures alliances électorales :

« La possible présence du candidat du Modem au second tour de la présidentielle de 2012 entraîne forcément la question des alliances. Et là, les socialistes risquent d'être plongés dans un abîme de perplexité. A 41 % (contre 52 %), les personnes interrogées se déclarent favorables à une alliance de gouvernement entre le Modem et le PS. Un taux qui s'élève même à 56 % chez les électeurs de gauche et à 65 % chez les sympathisants socialistes, à 64 % pour les proches du Modem. La stratégie des alliances s'était déjà imposée en 2007, au lendemain du premier tour, quand Ségolène Royal avait voulu se rapprocher de François Bayrou. Elle continue à diviser les socialistes. Récemment encore, François Hollande proposait au centriste «une clarification des convergences et des divergences» et, le cas échéant, d'«en tirer les conclusions». Une option prématurée pour le patron du Modem. Bayrou a donc réussi une partie de son pari initié lors de son refus d'appeler à voter Sarkozy au second tour de la présidentielle et lors de la création du Modem, en décembre 2007. Il a réussi à faire oublier ses habits d'ancien homme de centre droit, de président de l'ex-UDF et ses passages successifs dans des gouvernements de droite. Le leader centriste est désormais socialo-compatible. »

Comment faut-il interpréter le souhait exprimé par certains français dans cette enquête ?

Premièrement, que l'espoir d'un grand soir s'éloigne de plus en plus pour les derniers dragons d'une gauche anti-tout qui a toujours freiné des quatre fers contre la réalité d'une évolution de la société convertie depuis quelques décennies aux vertus de la concertation à celle de la confrontation.

Deuxièmement, l'idée communiste défendue aujourd'hui par le PC s'est défraichie autant que ses porte-parole et l'anti-capitalisme prôné par Olivier Besançenot constitue certes, un motif louable d'expression d'angoisses et de revendications, mais qui ne trouve aucune réalisation concrète dans l'exercice d'une politique applicable dans le modèle économique aujourd'hui effectif partout dans le monde.

Troisièmement, les sympathisants de gauche donnent expriment ici leur défiance vis-à-vis d'un Parti Socialiste qui lui donne des signes de faiblesse et qui ne semble pas prêt à reconquérir le pouvoir en 2012 malgré trois défaites consécutives aux élections présidentielles. Les résultats du dernier Congrès de Reims et les conditions d'accès de Martine Aubry au Secrétariat National ont sans doute largement contribués à renforcer l'idée que pour sauver la gauche, il faut aujourd'hui sauver le PS de ses propres viscicitudes.

Jean-Michel Normand, journaliste au Monde, titre d'ailleurs sur son blog et sans détours « les primaires ouvertes : dernière chance du PS ? ». Les dirigeants du PS ont bien compris que le parti souffre d'une décomposition de son électorat et que, si il demeure en position dominante, ses alliés naturels sont devenus soit trop faibles soit trop encombrants pour espérer reconstituer la gauche dite plurielle qui avait fait le bonheur de Lionel Jospin en 1997.

Pour vaincre un Nicolas Sarkozy passé du statut de Président de la République à celui de Régent du Royaume UMP, le PS n'a d'autre solution que de redessiner les contours d'une future majorité qui se profile dans une alliance rose, verte et orange. Si l'anti-sarkozysme s'est développé et fait du bien aux sympathisants de gauche, il ne constitue pas un programme. Le MoDem apparaît comme un allié presque incontournable.

L'opinion change et évolue. 2012 reste encore loin. Le résultat des élections européennes du 7 juin prochain constituera un premier test national de popularité pour Nicolas Sarkozy. Il permettra également de déterminer les forces politiques appelées à prospérer ou à disparaitre dans les prochaines années.

Il y a fort à parier que le MoDem fera une nouvelle fois parler de lui. L'annonce d'une future alliance (forcée) annoncée pour le PS ?

Régis Sada

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17 novembre 2008

Pourquoi j’ai aimé le Quatre Quarts du PS ?

4 quarts.jpgDécidément, je suis vraiment anticonformiste !

Ce week-end s’est déroulé le 75ème Congrès du Parti Socialiste à Reims. J’ai suivi les débats sur trois jours avec la plus grande attention et je reste assez surpris des commentaires journalistiques qui ont suivi la fameuse « nuit des résolutions » qui n’a abouti à aucune synthèse entre les quatre grandes motions arrivées en tête à la suite du vote des militants.

Les journalistes, l’UMP et le MoDem n’ont pas boudé leur plaisir en observant les mines déconfites des délégués présents à Reims. C’était certainement un grand moment de plaisir qu’ils ont pleinement savouré. Pourtant à l’inverse, le socialiste-libéral que je suis s’est trouvé rassuré (réellement) par les échanges souvent vifs qu’ont donnés les tenants des différentes motions.

Rassuré car ce Congrès a permis à de nombreux français de gauche ou à des militants distants (comme moi) de prendre conscience que le PS n’était pas mort et que ses militants ont pris la mesure des enjeux qui s’imposent aujourd’hui à la France.

Le principal point d’achoppement était resté coincé sur la question des alliances, c’est bel et bien deux voies majoritaires qui se sont affrontées ce week-end. L’une d’elle portée par Martine Aubry d’un ancrage résolument de gauche s’accompagnant d’un vrai parti de militants, l’autre porté par Ségolène Royal orienté sur une ouverture plus large du PS et tenu par un parti dit de masse.

La question de l’alliance directe avec le MoDem n’étant qu’un pare-feu, puisque chacun sait qu’en dehors des enjeux nationaux, les alliances locales se concluent en fonction des réalités du terrain.

Rassuré toujours d’entendre Martine Aubry parler de cette réalité vécue partout en France qui fait que les français, pris par le doute, étranglés par la baisse de leur pouvoir d’achat et acculés à un individualisme devenu règle première, ne sont même plus en mesure de faire entendre leur voix en renonçant à toute envie de combattre certaines dérives, même quant celles-ci touchent de près leur propre condition.

Rassuré enfin d’entendre Ségolène Royal –avec qui j’ai souvent du mal- et Manuel Valls ou Vincent Peillon, en appeler au sursaut de ce Peuple de gauche condamné au silence, de cette France métissée et multiculturelle qui entend être respectée dans sa différence, dans ces jeunes (pas seulement des banlieues) qui par faute de ne pas être bien nés doutent de cette France qui ne leur fait pas confiance.

 

Il n'y a pas eu de synthèse à Reims et c'est une bonne nouvelle ! Entre un mauvais compromis et un vote direct des militants, il n'y a pas lieu de chercher d'autre manière de trancher définitivement un débat !

Oui, même un socialiste-libéral assumé comme je le suis trouve son compte dans le Quatre-Quarts ! Les débats parfois houleux ou les sifflets faciles lors de ce Congrès attestent que les militants socialistes cultivent leur diversité et refusent le conformisme de la pensée unique.

C’est signe de bonne santé ! C’est également la preuve que les choses ont changé. C’est la confirmation que les instincts et les convictions profondes se réveillent. Oui, la gauche et la droite ce n’est pas la même chose ! Ensemble tout devient possible…..à condition de ne laisser personne sur le bord de la route.

Puisque beaucoup sont tentés de se trouver une nouvelle famille par opportunisme ou de retrouver la sienne, plus naturelle, par confort….je m’en vais retrouver mon propre foyer.

Régis Sada

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07 novembre 2008

Pourquoi les militants PS ont préféré le Quatre Quarts à la banana split ?

Au moment même où les militants socialistes accomplissaient leur devoir de camaraderie dans toutes les sections socialistes de France et de….c’est déjà pas mal….j’ai rédigé mon Pourquoi les militants du PS pensent que tout est encore possible ?

Une erreur involontaire s’est glissé dans la présentation de la nouvelle carte des desserts du PS. En effet, les militants socialistes ont rejeté l’idée de remplacer le Flamby (auquel ils étaient habitués depuis 11 ans) par la Banana Split (je resterai discret sur l’identité de cette dernière).

Selon les dernières estimations, le prochain Congrès du PS s’annonce intéressant à plus d’un titre, puisque le nouveau dessert choisi par les militants socialistes c’est ça :

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Je souhaite saluer et féliciter l’ensemble de mes ex-camarades du PS car grâce à leur vote plein de sagesse en faveur du Quatre Quarts : ils ont fait fuir les ingrédients périmés qui gâtaient le goût d’un parti sans chef et sans voix.

Le socialiste-libéral assumé et fièrement revendiqué que je suis, accueille avec une grande joie et une profonde émotion le départ annoncé du PS de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez. Ces deux mauvais ingrédients font partie de ces gens qui portent la lourde responsabilité des récents échecs et défaites du PS aux scrutins nationaux.

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Le vote des militants socialistes est donc une bonne nouvelle pour un Peuple de Gauche qui en a assez d’être stigmatisé comme ringard et passéiste. Vivement le Congrès de Reims….

Régis Sada

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22 août 2007

Pourquoi le Parti Socialiste reste empêtré dans ses propres contradictions ?

aa4b55ec8254a230de88cd38531b91d6.jpg Libération du 22/08/2007 – Edito "Sans Maître" de Laurent Joffrin

Comment trouver un leader quand on n’a pas de projet ? Mais comment trouver un projet quand on n’a pas de leader ? Tel est le dilemme angoissant devant lequel se trouve la gauche française. La victoire sans appel de Nicolas Sarkozy ne provient pas seulement des erreurs de la campagne, si manifestes soient-elles.

Elle a aussi révélé le retard culturel accusé par le Parti socialiste et ses alliés (ou concurrents dans le même camp) sur l’évolution de la société française. Un seul exemple : alors que le social est en principe le point fort des progressistes, le discours de l’actuel président sur le travail a mieux porté que celui de son adversaire.

Du coup, chacun ou presque bat sa coulpe (quoique souvent sur la poitrine du voisin) et appelle avec un ensemble touchant à la rénovation des pratiques et des idées.

Mais quelle rénovation ? C’est là que les ennuis commencent. Plus à droite ? Plus à gauche ? Ou bien ailleurs ? Le projet futur est un objet flou entouré de brouillard et plongé dans la nuit.

Il y aurait bien sûr une solution : choisir un leader et lui confier le travail. Las ! L’étoile de Ségolène Royal pâlit pendant que DSK, nouveau favori des sondages, s’apprête à changer de planète et que Laurent Fabius, autre impétrant possible, gagne la stratosphère. Quant aux éléphanteaux, ils restent au ras du sol. Les socialistes se retrouvent sans maître et sans mère.

Il y a pourtant une issue. Ce paysage dévasté est aussi une table rase, sur laquelle on peut construire sans obstacles. L’injustice sociale demeure, en France et dans le monde, qui exige de toutes manières une gauche de l’avenir. Deux questions simples peuvent servir de point de départ : d’autres gauches réussissent ailleurs, comment font-elles ?

Les Français sont censés craindre la mondialisation ; ils ont pourtant récusé la candidate qui devait les en protéger. Peut-être les avait-on mal compris… Questions dérangeantes ? Mais c’est justement le moment d’être dérangé.

A LIRE SUR : Libération

 

Cruel, Laurent Joffrin qui vient rappeler au peuple de gauche, dont il se fait ici l’écrivain, la douloureuse expérience d’un printemps gâché par défaut d’engagement et de convictions criées…

Cet éditorial ramène mes pensées d’ici à il y a quelques mois, où j’avais eu l’audace de dire à mes camarades aveuglés par leur certitude, que ce ne sont point les sondages qui font une élection, mais bel et bien les propositions contenues dans un projet clair et fiable.

Amère vengeance, que celle d’avoir eu a subir à un mois d’intervalle, deux des plus sérieuses corrections pour cette gauche devenue inaudible, ne sachant plus convaincre car trop éloignée des préoccupations de celles et ceux qu’elle entendait se faire l’écho.

Faut-il encore et encore ressasser les erreurs de jugement et le manque de discernement, d’une poignée d’irréductibles gaulois qui se sont brulé les ailes sur l’autel d’une confiance effrontée ?

Faut-il s’étonner que ces mêmes gaulois qui ont vu le ciel leur tomber sur la tête, se soient si vite détournés –et acharnés- de –et sur- celle qu’ils avaient pourtant largement adoubée ?

Faut-il s’inquiéter que les français ne donnent aucun signe de regret quant à leur choix de mai ? 

Que reste-t-il de nos amours ? Que reste-t-il de ce peuple de gauche, annoncé comme revanchard, qui se plie sans rechigner aux efforts qu’ont souhaite lui imposer ? Que reste-t-il de cette gauche « anti-tout », devenue « nantie de tout » ? Que reste-t-il de ces ténors socialistes qui promettaient le soleil et n’ont réussi qu’à attirer l’orage et la foudre ?

Laurent Joffrin parle du battage de coulpe qui semble agiter les couloirs de Solférino et du Parlement, en regrettant que ces mêmes batteurs soient incapables de faire amende honorable et de trouver les causes de leur défaite. Cette même honorabilité et cette humilité qui ont manqué à ces socialistes, bien plus intéressés par les salons douillets de l’assemblée que par les travées des usines qu’ils ont délaissées sans sourciller.

Ces pouilleux de français, méritaient bien que l’on se colle sur eux ! Nicolas avait compris, Ségolène avait omis. Les pouilleux se sont vengés et gaussés de cette gauche perpétuellement absente sur tous les sujets qui les inquiétaient.

Pourtant, il ne faut pas sombrer dans le pessimisme. Les français ont envoyé un signal fort. Ce signal, c’est sans doute celui de refuser –enfin- de laisser périr nos avantages devenus trop lourds à assumer. Il faut désormais penser aux français qui viendront demain et à qui nous devons laisser une France en bon état.

Mon socialisme-libéral assumé jusqu’au bout m’oblige à reconnaître quelques points positifs à la politique menée par notre nouveau Commandant en Chef, tout en restant intiment persuadé que tout est loin d’être parfait et que la gauche à des choses à dire et des choses à faire. Le temps est venu de reconstruire un PS (et une gauche) intelligent et utile.

Oui, cher Laurent Joffrin, il faut répondre aux questions dérangeantes. A toutes les questions dérangeantes ! Oui, cher Laurent Joffrin, il est temps que le PS soit dérangé et poussé à travailler des propositions qui lui permettront de nouveau d’exister.

Histoire de déranger : il faut accepter l’idée de ne plus rien accepter. Il ne faut plus renoncer à renoncer aux dogmes usés. Il faut refuser la langue de bois et les promesses vérolées en tenant un langage de vérité qui débouchera enfin sur l’action. 

Régis Sada

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13 juin 2007

Pourquoi la maison PS brûle-t-elle ?

af23012e96f8f668c6ea3e7432c98228.jpg Presque comme par habitude, la belle unité affichée au lendemain de l’élection présidentielle par les ténors du Parti Socialiste, n’aura pas résisté longtemps au Tsunami bleu qui menace de déferler dimanche soir à l’assemblée Nationale.

En pomme de discorde unitaire : le cas du Modem, au lendemain de la réprobation du Bureau National du PS sur la conduite de son ex-candidate Ségolène Royal, qui a osé laisser un message « d’ouverture » sur le portable de François Bayrou.

Le seul message positif émis par un petit ténor est à mettre à l’actif du Maire d’Evry, Manuel Valls, qui ne souhaite pas voir sombrer le socialisme avec les socialistes…

Reconnaissons une chose : si Jacques Chirac avait réussi à dissoudre la droite en 1997 (et 2002), Nicolas Sarkozy lui, a dissous la gauche en 2007 !

Quelle position le PS doit-il adopter pour survivre au géant UMP qui a tout englouti en quelques semaines ?

Réformer et reconstruire le PS certes, mais les français ont visiblement insisté pour que cette gauche ne se contente plus de ses thèmes habituels.

Si à gauche, la centralité du PS dans une bipolarisation de l’échiquier politique est évidente, une évidence est mise au jour : cette centralité doit voir l’avènement d’une gauche utile, moderne, adaptée aux enjeux et qui reflète les aspirations du Peuple….et pas seulement du Peuple de gauche noyé dans la masse.

La réformation et la rénovation du PS ne suffiront pas à assurer sa survie dans les prochaines années. Si un risque d’implosion existe, le PS ne pourra pas faire l’économie de ratisser large en créant un UMP….de gauche !

Le trait de génie de Nicolas Sarkozy c’est d’avoir d’abord rassemblé sa propre famille politique en lui donnant des gages sur la politique qu’il souhaitait mener, et d’avoir ensuite dirigé son discours vers un électorat plus populaire. Il ne s’est interdit aucun sujet et à levé tous les tabous….Pendant ce temps là, le PS a regardé passer le train, enfermé dans ses convictions et ses propres certitudes.

Beaucoup parle de réadapter le logiciel de la gauche. Il est évident que l’on ne fait pas tourner la roue du progrès avec des idées du passé….Mais si ce logiciel est calé (ou bloqué) sur certains points, il sera rapidement obsolète et confortera une droite décomplexée qui confirmera sa victoire dans les prochaines années.

La cause principale de l’échec du PS et de la gauche en général, c’est le refus de traiter certaines questions. On ne répond pas à une question ou à un besoin en se contentant de dresser un vague constat. Un sujet se traite en détail et sous tous ses aspects.

La première chance du PS, c’est de disposer en son sein d’une multitude de talents et une diversité d’expériences. Le PS regagnera des scrutins le jour où ces talents et cette diversité, auront enfin l’occasion d’être écoutés et entendus.

La deuxième chance du PS, c’est d’offrir aux français un langage de vérité et d’action. Présenter des candidats ne suffit pas, il faut que les actes suivent concrètement sur le terrain et que le discours soit cohérent.

La dernière chance du PS, c’est d’arrêter de croire qu’il dispose seul de toutes les clés de la réussite et de la vérité. Ses alliés (naturels ou pas) méritent d’être également écoutés et entendus. C’est le sens des choix de Ségolène Royal vis-à-vis du Modem par exemple. Le PS souffre d’une suffisance qui l’éloigne de son électorat.

Tout accepter, ne rien dire ou ne rien tenter, c’est laisser Nicolas Sarkozy et l’UMP paupériser le discours politique et atomiser toute opposition. C’est se rendre complice de la médiocrité portée par quelques ténors socialistes en mal de réélection. Pleurons sur le sort des français qui vont subir une politique bien cerclée. Ne pleurons pas sur quelques Députés battus…qui bénéficieront d’un régime spécial les assurant d’une confortable indemnité durant plusieurs mois. La justice morale c’est ça !

Toutes ces chances additionnées sont la richesse du PS. Cette synthèse là, est salutaire et possible à condition que la base soit prête à remettre l’appareil en question. Etre de gauche ne dispense pas d’être intelligent. Etre socialiste n’empêche pas d’avoir parfois tort.

Pour gagner : il faut aussi le vouloir… A lire et à entendre les propos de certains « camarades » proches, je crains que la maison ne soit déjà en proie aux flammes.

Régis Sada

11 mai 2007

Pourquoi je suis entré en « résistance citoyenne » ?

medium_buste_de_Marianne.5.jpgLes français ont choisi leur nouveau Président de la République  : Nicolas Sarkozy. Cela surprendrai beaucoup de gens autour de moi, si j’annonçais que cette élection me remplisse de satisfaction. Bien entendu, je suis amèrement déçu de la défaite de Ségolène Royal lors du scrutin du 6 mai.

Je suis pragmatique, citoyen, démocrate et républicain. Le choix majoritaire des français s’impose donc à tous les autres. Les récentes manifestations anti-Sarkozy sonnent pour moi comme des provocations inutiles et anti-républicaines. Néanmoins, bien qu’adhérent du Parti Socialiste je ne m’estime pas abattu et me lance pour les cinq années qui viennent dans la « RESISTANCE CITOYENNE ».

A GAUCHE

medium_LOGO_PS.jpgPersonne ne doute que les élections législatives des 10 et 17 juin prochains, conduiront une vague bleue à l’assemblée Nationale. Le tout est de savoir si le Parti Socialiste saura rester rassemblé suffisamment longtemps pour espérer la présence d’au moins 200 députés dans la future assemblée.

Si je n’attends rien de la future majorité –aussi diverse et variée soit elle- j’attends en revanche beaucoup de la future opposition socialiste. Les résultats de dimanche doivent amener les socialistes à se poser des questions sur les futures orientations qu’ils doivent prendre, sur leurs logiciels d’étude et sur leur capacité à se réconcilier avec un électorat populaire qui s’est aventuré à soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy.

A mon modeste niveau, je serai véritablement offensif afin de pousser mes « camarades » à reprendre pied sur les attentes et les besoins de la population et à s’engager fermement et clairement sur des positions rénovées et réformées. Le PS a souffert depuis trop longtemps de suffisance de ses cadres et de constat objectif des besoins économiques et sociaux. La conservation des acquis et la création de nouvelles formes de solidarités et d’égalité, passent forcément par la création de richesses, donc d’une économie ouverte et amoindrie de certaines contraintes injustifiées.

Les socialistes ont sous-estimé les erreurs de « gestion » sur les 35H ou sur les retraites : les français les ont sanctionnés. Ils ont méprisés trop longtemps le salariat privé –notamment celui des PME- ces derniers ont voté massivement Bayrou au premier tour et ont choisi Sarkozy au second ! La gauche a refusé de traiter la question des régimes spéciaux et la réforme des retraites : les français ont tapé du poing sur la table et chargé Sarkozy de faire le ménage.

Quel gâchis ! Cette élection qui devait mettre un terme à un régime de droite dure et sectaire s’est soldé par une défaite d’un parti et non de sa candidate. Ségolène Royal a initié la modernisation des dogmes socialistes, je m’engage a poursuivre sur cette voie en ne permettant plus un retour en arrière d’une gauche qui ne sait plus convaincre, donc qui ne sait plus gagner !

Première mission pour le PS : en terminer avec son extrème-gauche « anti-libérale » qui ne pèse rien sur le plan politique mais la plombe dans les urnes. Les relations du PS avec ses concurrents « plus à gauche » doivent se tendre au risque que le PS ne voit fuir le Peuple de Gauche vers un Mouvement Démocrate qui pourrai lui tailler des croupières.

A DROITE

medium_LOGO_UMP.jpgIl n’y a plus grand-chose à dire sur la vaste entreprise menée par Nicolas Sarkozy depuis 2002. Le bougre a réussi son pari audacieux en rangeant sous sa coupe tous les ténors –vieillissants- de son parti et en créant une véritable machine de guerre politique et populaire à travers l’UMP.

Son « Hold-Up » démocratique a fonctionné à plein régime et permis de réconcilier les français avec une droite plus dure que jamais. Les gaullistes en sont pour leurs frais, les autres pleurent… Bravo pour ça tout du moins.

Maintenant, il ne faut pas donner au nouveau Chef de l’Etat le sentiment de croire que « TOUT DEVIENT POSSIBLE » pour lui et sa future majorité. Les citoyens sont désormais regardants et exigeants envers leur personnel politique, et la jeunesse à bien compris le rôle qu’elle doit tenir dans l’avenir.

Internet demeura l’une des rare possibilité pour exprimer ses idées en toute liberté sans risquer que celles-ci soient déformées et amaincies à la radio, à la télévision ou dans la presse. Nicolas Sarkozy a cocufier l’information, les citoyens veilleront au grain.

Autre point de taille : ne pas laisser Nicolas Sarkozy se présenter comme le Président de tous les français, en omettant de l’interroger sur ses intentions concernant quelques « points noirs » issus de l’UMP. En refusant de présenter un concurrent contre Christian Vanneste dans le Nord, ce condamné est presque assuré d’être réélu. Si Nicolas Sarkozy vient à choisir Joëlle Ceccaldi-Raynaud –Maire de Puteaux- comme successeur à la députation de sa circonscription d’élection, le nouveau Chef de l’Etat donnera un strapontin à une « condamnée » très récente, qui avec la complicité de son père a laisser diffuser un message sur le site internet de la ville de Puteaux, laissant supposer qu’un citoyen avait des penchants pédophiles. Ce n’est pas moi qui l’affirme mais la justice de la République  !

RESISTANCE CITOYENNE

medium_flag_france.9.jpgLa RESISTANCE CITOYENNE c’est tout cela. C’est refuser une gauche bête, inaudible et éloignée de la réalité de son électorat devenu potentiel. C’est refuser qu’une droite qui dispose de tous les pouvoirs, le détourne à son seul profit. C’est refuser que des élus indignes puissent se représenter devant les suffrages des citoyens. C’est refuser que les idéaux républicains soient mis à mal. C’est refuser que la France ne devienne le pays où la classe politique à tous les droits, sauf celui d’être contestée par les citoyens.

Il nous revient, à nous citoyens, de poursuivre le formidable élan démocratique de cette élection présidentielle. C’est montrer à nos dirigeants notre exigence de transparence, de probité et d’intégrité. C’est porter un regard appuyé sur nos compatriotes les plus faibles. C’est dénoncer les abus de pouvoir, les dérives de langage et les insultes faîtes à la République.

La République et la France se méritent ! A nous citoyens de les protéger contre les risques d’une démocratie dévoyée aux plus forts. Le drapeau, la devise et la Constitution sont nos biens communs. Nous en sommes les gardiens devant l’Histoire et par devoir de mémoire pour toutes celles et tous ceux qui nous ont permis d’être libres aujourd’hui.

Citoyennes, citoyens, la résistance citoyenne nous appelle !

Régis Sada

07 mai 2007

Pourquoi Nicolas Sarkozy est devenu Président de la République ?

medium_flag_france.8.jpg Dans un formidable élan démocratique et citoyen, les français ont porté nettement Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République.

Je ne peux pas cacher ma profonde déception et les larmes qui me sont venues quelques heures après avoir réaliser l’ampleur de l’échec d’une gauche qui ne réussi plus à convaincre, donc à gagner.

Je n’ai pas versé des larmes sur mon propre sort, mais pour ces millions de jeunes –les anciens issus de l’immigration- pour qui cette défaite sonne comme une insulte voire une menace.

Nous n’avons pas réussi à leur rappeler depuis assez longtemps qu’ils étaient des français comme les autres. Qu’ils sont ici chez eux et qu’ils doivent ressentir le fait qu’ils sont liés à la chance de la France. Ils ont arpentés les bureaux de vote en masse en croyant faire bouger les lignes. La gauche ne doit plus jamais les laisser au bord du chemin et transformer leur essai en victoire future.

Le défi du nouveau Président de la République sera de tenter la difficile réconciliation de ces deux France qui sont apparues si divisées durant cette campagne. Il devra présider avec rigueur et justesse.

Je suis fier du combat difficile mené par Ségolène Royal. Malgré mes divergences sur certains points, elle a réussi à faire éclater au grand jour les éternels renoncements et défauts de ce PS qui n’a pas voulu évolué à temps.

Les français avaient des attentes et des besoins, la gauche n’a sans doute pris l’exacte mesure du combat qu’il était nécessaire de mener dans ces cinq dernières années. Elle porte une lourde responsabilité dans cette défaite et fait payer aux français le prix de son inconséquence.

Les citoyens ont fait hier honneur à la démocratie, à la République et à la France. C’est la plus belle victoire à mes yeux que je retiens de ce triste dimanche de mai.

J’aurais d’autres occasions de faire la fête et je reste fier des valeurs que je défends et auxquelles je crois. Je crois à la justice, à l’égalité, à la tolérance et au respect de toutes les différences.

On se construit dans la différence et non dans l’indifférence.

Je souhaite bonne chance à la France et au nouveau Président de la République Nicolas Sarkozy. Avec toute la déférence qu’un citoyen doit à son Chef de l’Etat.

Régis Sada

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30 avril 2007

Pourquoi dimanche je voterai Ségolène Royal ?

medium_aaa_la_france_presidente_2.JPG Le grand moment tant attendu du choix est arrivé. Dimanche 6 mai 2007, 44 millions de français sont appelés à choisir le nouveau Chef de l’Etat. Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, ont donné une volonté de recadrage et de recentrage de la vie politique française. Au final, c’est le traditionnel duel droite/gauche qui se pose aux français.

Pour mes quelques lecteurs assidus –oui, il y en a- je tiens à apporter quelques précisions quant à mon soutien franc et massif à Ségolène Royal. Mon choix définitif reste fidèle à mon engagement et au sens profond de mes convictions.

Entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, ceux sont bien deux modèles de société radicalement opposés qui s’offrent à nous. J’ai lu, j’ai écouté et j’ai discuté longuement sur cette campagne électorale. J’en ressors lessivé –comme beaucoup de français- et un peu frustré de voir que le vote définitif de dimanche se portera non sur les projets, mais bel et bien sur l’antipathie envers l’un ou l’autre des deux candidats.

Lors de ces récents meetings de Toulouse et de Valence, Ségolène Royal a enfin prononcé des mots que j’attendais d’elle. Elle porte les valeurs d’humanisme, de respect et de tolérance que je souhaite pour la France de demain. Des valeurs souvent oubliées, méprisées ou foulées du pied ces dernières années.

Encore hésitante quelques semaines avant le premier tour, Ségolène Royal a su endosser le costume de Chef de l’Etat et se présenter devant les français, comme une future Présidente de la République soucieuse de réformer et de moderniser le pays en profondeur.

J’attends cette VIème République qui replace les citoyens au cœur du débat démocratique. J’attends que la France reprenne toute sa place en Europe et dans le Monde. J’attends ces réformes audacieuses, mais nécessaires, à la sauvegarde de la Sécurité Sociale et des régimes de retraite. J’attends que la société s’apaise, s’écoute et se réconcilie avec elle-même. J’attends l’égalité réelle pour tous les citoyens de notre pays, quelque soit leur origine ethnique, sociale, religieuse ou sexuelle.

medium_flag_france.7.jpgLa France tournera dimanche une nouvelle page du grand livre de son Histoire. Cette élection restera marquée par le passage de témoin d’une génération à une autre. Si le Peuple le souhaite, Ségolène Royal entrera dans notre Histoire commune, en devenant la première femme Présidente de la République.

Je crois dans la capacité de Ségolène Royal à mener les réformes modernes nécessaires à la société.

Je crois dans la capacité des citoyens à dessiner les contours d’une société plus juste pour demain.

Je crois dans le sens civique des français, qui offriront une mobilisation aussi forte que lors du premier tour.

Je crois dans le choix souverain du Peuple, guidé par l’intérêt supérieur de la Nation.

Je crois dans la décision éclairée des françaises et des français, qui aspirent à vivre en harmonie dans un pays où chacun dispose de sa place, où chacun assume ses responsabilités dans le respect des différences et où tous les citoyens sont égaux devant la loi.

Je ne doute pas que dimanche, les françaises et les français feront un choix audacieux pour l’avenir en portant Ségolène Royal à la Présidence de la République.

J’y crois de toutes mes forces, autant que je crois dans la grandeur de la République et de la France.

Le monde nous regarde, écrivons ensemble cette nouvelle page de notre Histoire…

Régis Sada

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20 avril 2007

Pourquoi (et pour qui ?) certains détenus voteront dimanche ?

medium_flag_france.4.jpgComme tous les citoyens français, les détenus n’ayant pas été privés de leurs droits civiques ou familiaux, peuvent voter par procuration. Si beaucoup d’entres-eux n’usent pas de ce droit c’est la plupart du temps par manque d’information et de consigne du Ministère de la Justice et des établissements pénitentiaires.

Pourtant, bien plus que d’autres français, les détenus ont tout intérêt à remplir leur devoir de citoyen. Même derrière les murs de leurs prisons, ils peuvent faire entendre leur voix et espérer que les candidats entendent les diverses requêtes présentées sur une nécessaire réhabilitation des prisons dans notre pays.

Ci-dessous, l’intervention du Sénateur Socialiste Richard Yung sur le respect du droit de vote des détenus et la réponse du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice , Pascal Clément :

Question écrite n° 25344 de M. Richard Yung (Français établis hors de France - SOC) publiée dans le JO Sénat du 23/11/2006 - page 2925

M. Richard Yung attire l’attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur le respect du droit de vote en prison. Il constate que les détenus qui ne sont pas privés du droit de suffrage ne sont pas toujours informés de la possibilité d’exercer ce droit fondamental qui leur permet de demeurer des citoyens. Il rappelle aussi que toute personne détenue, radiée des listes électorales de la commune où elle avait sa résidence avant son incarcération, peut demander, par courrier ou par l’intermédiaire d’une tierce personne, munie d’une procuration manuscrite, son inscription sur les listes de la commune où l’établissement pénitentiaire est implanté, à condition d’y résider depuis au moins six mois consécutifs depuis la clôture des listes électorales. Etant données les nombreuses échéances électorales qui auront lieu en 2007, il lui demande si la chancellerie a mis en place un dispositif destiné à inciter les détenus qui le peuvent à s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre 2006. Il souhaite en particulier savoir si les directeurs de prison informeront les détenus de la possibilité de voter par procuration.

Réponse du Ministère de la justice publiée dans le JO Sénat du 08/02/2007 - page 298

Le garde des sceaux, ministre de la justice, informe l’honorable parlementaire de l’intérêt qu’il porte à l’exercice effectif du droit de vote par les personnes détenues. En application de l’article L. 71 du code électoral, les personnes placées en détention provisoire et les condamnés qui n’ont pas perdu leur capacité électorale, ont la faculté d’exercer leur droit de vote par procuration. Aussi, à l’occasion de chaque élection générale, des notes destinées à informer les personnes détenues sur les modalités d’inscription sur les listes électorales et sur les conditions d’exercice du droit de vote et les modalités de vote par procuration, sont adressées aux établissements pénitentiaires. Chaque établissement pénitentiaire organise ensuite, en fonction des souhaits exprimés, la venue des officiers de police judiciaire chargés d’établir les procurations. Pour l’accomplissement de ces formalités, les personnes détenues peuvent se faire aider par un travailleur social de l’établissement pénitentiaire. L’administration pénitentiaire prendra, en lien étroit avec ses partenaires intervenant en prison, une série d’initiatives pour permettre aux détenus d’exercer pleinement, s’ils le souhaitent, leur droit de vote.

Source : Ban Public

Justement, quelles sont les propositions et engagements des trois principaux candidats sur les prisons françaises ?

 

medium_campagne_segolene.jpgSEGOLENE ROYAL ET LES PRISONS : « Réformer la prison »

Il faut rompre avec la politique du « toujours plus d’enfermement » qui veut nous faire croire que « plus de prisons c’est plus de sécurité », alors que cette politique a manifestement échoué dans la lutte contre la montée des violences. Les nombreux rapports sur les prisons et le fonctionnement du système pénitentiaire insistent sur les conséquences désastreuses de la situation dans les prisons pour les détenus comme pour les personnels qui y travaillent. Ils sont parfois entendus, mais ils sont rarement suivis d’effet.

Les conséquences des actes délictueux et surtout criminels sont, pour les personnes qui en sont victimes, douloureux et parfois irréparables. L’Etat doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider et accompagner les personnes auxquelles un tort a été fait. Mais il ne doit pas céder à une logique de vengeance : les souffrances et la perte de leur dignité infligées aux condamnés ne peuvent en aucun cas compenser la douleur des victimes.

Nous avons trop longtemps laissé dériver nos prisons d’une manière inhumaine et irresponsable. Il faut, pour renverser cette tendance, une réforme fondamentale. C’est pour cela que je veux, rapidement, faire adopter une loi pénitentiaire qui rappellera que la privation de liberté est une sanction grave, lourde de conséquences pour celui qui la subit et pour sa famille, qui doit donc être prononcée avec mesure.

Au travers des dix engagements qu’ils soumettent aux candidats à l’élection présidentielle, les Etats généraux de la condition pénitentiaire posent, à mes yeux, les bases d’une telle réforme.

D’abord, il y a en prison des personnes qui n’ont rien à y faire et qui doivent être sanctionnées autrement ou orientées vers d’autres institutions. Les études montrent que les auteurs de petits délits récidivent moins s’ils sont soumis à une peine alternative comme le travail d’intérêt général. La politique pénale doit, autant que possible, développer ces modes de sanction. Les condamnés âgés, malades, lourdement handicapés ou en fin de vie et ceux qui souffrent de graves troubles psychiatriques doivent relever de structures de soins adaptées.

Il faut également, en retenant les leçons d’Outreau, restreindre le recours à la détention provisoire qui fait de la France le champion européen en la matière, en limitant cette mesure aux personnes soupçonnées des infractions les plus graves, et en encadrant strictement les durées d’enfermement des personnes en attente de jugement.

Ensuite la prison ne saurait demeurer le lieu de l’arbitraire. La loi pénitentiaire reconnaîtra aux personnes détenues, à l’exception de la liberté d’aller et de venir et des droits qu’une décision de justice leur aurait retirés, l’intégralité des droits de l’homme et du citoyen.
Seule une prison respectueuse des droits de l’homme permettra d’aider les délinquants à retrouver le chemin du respect des lois et des règles de la vie en société.

La loi doit définir précisément les conditions dans lesquelles des sanctions disciplinaires sont prises et soumettre ces décisions au contrôle de la justice. La loi doit faire en sorte que les services publics s’exercent en prison, comme à l’extérieur, et que les droits à la santé, à la formation, au travail, au maintien des liens familiaux, soient reconnus. Elle doit faire de la prison un temps utile pour le détenu et la société, en préparant les détenus à leur sortie avec la mise en place d’actions de formation et d’aide à la recherche d’emploi.

Il est démontré que rendre à la société des personnes sans logement, sans projet professionnel, ayant perdu tout lien familial ne peut que favoriser la récidive. A l’inverse, l’aménagement systématique de la peine, qui permet, de manière encadrée et contrôlée, de distinguer, dans le temps de la sanction, un temps d’incarcération et un temps d’accompagnement dans le monde libre est la clef de la réinsertion des personnes détenues. Il faut faire en sorte que les durées de détention ne rendent pas impossible toute perspective de réinsertion.

Cette politique suppose que la mission des surveillants, qui sont, ne l’oublions pas, des fonctionnaires de justice, soit mieux considérée, afin que ces personnels soient pleinement associés à ce processus de réinsertion.

La loi pénitentiaire doit également créer un organe de contrôle, spécifique et indépendant, afin de garantir son application effective.

Le système pénitentiaire fonctionne aujourd’hui dans une contradiction permanente : à l’écart des règles et exigences de la société libre, il est supposé permettre aux personnes détenues de retrouver le chemin d’une vie responsable et respectueuse du droit.

Les réformes de nos prisons, proposées par les Etats généraux de la condition pénitentiaire, visent à sortir de cette contradiction, pour que nos sanctions pénales aient un sens pour ceux qui sont condamnés, pour ceux qui ont en charge de les exécuter et pour la société toute entière. C’est pourquoi je m’engage, si je suis élue, à les mettre en œuvre.

Source : Ban Public

 

medium_campagne_francois.jpgFRANCOIS BAYROU ET LES PRISONS : « Nos prisons sont des pourrissoirs »

François Bayrou avait signé, avec deux cents autres personnalités, l'appel lancé par le Nouvel Observateur contre les "prisons de la honte". Appelant dans ce domaine à des engagements transpartisans, il souscrit à la démarche des Etats généraux de la condition pénitentiaire.

"Les mots du commissaire européen [Gil-Robles, dans son rapport de février 2006] sont ceux de toute personne qui connaît la réalité des prisons françaises. On y entre délinquant, on en sort caïd.

Deux axes : la ré-humanisation des lieux d’emprisonnement, et la recherche de toutes les alternatives à la détention, notamment pour les jeunes.

La prison doit préparer le condamné à sortir de prison

La loi pénitentiaire doit assurer le respect de l'état de droit dans la prison : confidentialité, rencontres régulières entre détenus et personnels pénitentiaires, droit de vote effectif. La loi doit instaurer un organe indépendant de contrôle des prisons.

Toute personne détenue doit exercer une activité, formation ou travail. C’est ce qui se passe en Allemagne, au Danemark, en Italie ou en Espagne. Tout travail doit donner lieu à rémunération.

Les unités de vie familiale doivent permettre un retour progressif à la vie sociale et familiale, être un atout dans la réinsertion. Les personnes dont l’état de santé, physique et psychique, rend le maintien en détention indigne, doivent être placées dans des structures d’accueil et de soins.

Toute peine devrait être exécutée en partie en milieu fermé, en partie en milieu ouvert. Aujourd’hui, la France est le dernier pays du Conseil de l'Europe pour le nombre de libertés conditionnelles accordées !

La détention provisoire doit être l'exception.

Pour les jeunes, la sanction doit être ultrarapide et éducative.

Pendant la campagne de 2002, chaque candidat annonçait des internats pour les jeunes délinquants … combien en a-t-on fait ? moins de cent places sur le territoire national !

Je suis pour des sanctions qui mettront le jeune au contact de l'autorité, avec rigueur, et qui soient aussi éducatives - comme de vrais travaux d’intérêt général (TIG) d’une durée de 3, 6, 12 mois qui consisteraient par exemple à effacer les tags dans les cités et dans les trains.

Les alternatives à l’emprisonnement, c’est une question de volonté et une question de moyens. On devrait se fixer comme horizon le doublement du budget de la Justice en 10 ans. On devrait pouvoir signer sur cela des engagements communs aux différents candidats."

Source : Programme présidentiel de François Bayrou

 

medium_campagne_nico.jpgNICOLAS SARKOZY ET LES PRISONS : « Pour une nouvelle loi pénitentiaire »

Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP à l’élection présidentielle, a visité lundi la prison pour femmes de Rennes et s’est prononcé en faveur d’une nouvelle loi pénitentiaire, afin de créer les conditions d’une meilleure réinsertion des détenus une fois leur peine purgée.

Le ministre de l’Intérieur et président de l’UMP, qui a effectué cette visite en tant que candidat, n’était pas accompagné par la presse. Il a expliqué sa démarche dans une vidéo diffusée sur son site internet de campagne.

"Je suis pour une certaine sévérité, je trouve que celui qui a fait une faute doit être puni et assumer les conséquences de sa faute. Mais je pense que nos prisons doivent être modernisées", déclare-t-il dans cet enregistrement. Il propose ainsi de distinguer les détenus relevant de la psychiatrie des autres détenus. "Il y a trop de malades psychiatriques dans nos prisons et il faut créer des hôpitaux-prisons pour la partie psychiatrique de la détention", explique-t-il. "Et puis deuxièmement il faut que la prison prépare à la réinsertion", ajoute-t-il. "On est condamné à une peine de prison, on n’est pas condamné à se faire battre, à se faire violer ou à se faire agresser parce qu’on est dans une prison."

Nicolas Sarkozy estime que les surveillants de prison font "un travail exceptionnel" et que ce n’est pas un problème de personnel. "C’est un problème d’immobilier, c’est un problème de place", ajoute-t-il. "La question d’une nouvelle loi pénitentiaire est clairement posée. Je veux pour la France des prisons modernes, c’est-à-dire des prisons qui répondront à la double question (...) La punition, bien sûr, mais la réinsertion." "Il faut bien penser que celui qui a payé sa dette doit reprendre sa place dans la société", a souligné le candidat de l’UMP, qui a dit avoir voulu aller sur le terrain "pour comprendre la réalité des choses" et être sûr que ses propositions en la matière correspondent à cette réalité. "La prison doit changer, la prison va changer", a conclu Nicolas Sarkozy, qui devait initialement effectuer lundi un déplacement dans la région de Marseille.

Source : Ban Public

« Des cellules individuelles pour les détenus »

Dans l'hebdomadaire Lyon Capitale du mardi 3 avril, Nicolas Sarkozy, s'engage, s'il est élu, à mettre un terme au partage des cellules entre détenus dans les prisons.

En réponse à une question d'un animateur de la campagne "Trop c'est trop! Pour un numerus clausus en prison", le candidat UMP à la présidentielle se dit favorable "à l'élaboration d'une loi pénitentiaire exigeante" et à la "création d'un contrôle général indépendant".

Ces initiatives "feront qu'il ne sera plus possible, en France, d'obliger un détenu à partager sa cellule", ajoute l'ancien ministre de l'Intérieur. "Je m'y engage, le plus vite possible", a-t-il déclaré.

Pour l'"hôpital-prison"

Afin de lutter contre la surpopulation carcérale, le candidat UMP évoque également "la poursuite de la construction des établissements pénitentiaires dont nous avons besoin, la réduction du nombre de personnes en détention provisoire (...) et le placement dans d'autres structures, mieux adaptées, d'un grand nombre de personnes qui n'ont rien à faire en prison". "Je pense en particulier aux personnes qui souffrent de troubles psychiatriques", poursuit le candidat de l'UMP", ajoute-t-il.

Lors d'une visite d'un centre pénitentiaire en janvier, Nicolas Sarkozy avait appelé à "développer de toute urgence l'hôpital-prison". Il y a "clairement un problème essentiel qui est celui de la présence dans les prisons de malades. Il faut de toute urgence développer ce qu'on peut appeler l'hôpital-prison", avait-il dit.

Jeudi, Nicolas Sarkozy doit se rendre à Lyon dans le cadre d'une réunion publique.

04.04.2007Nouvel Observateur

Les détenus, comme tous les français, s’interrogent certainement sur leur avenir et sur les promesses des candidats. Chacun attend de voir les actions qui seront menées directement sur le terrain. C’est sans doute cela qui inquiète le plus, tant les désillusions n’ont pas manqué dans l’exercice effectif du pouvoir.

Dire qu’il aura fallu un rapport accablant du Commissaire Européen aux Droits de l’Homme pour constater que la France ne donnait –non plus- dans ce domaine, une quelconque illusion. Certains y verront un retour de flamme ou d’image : « nos prisons ressemblent à s’y méprendre à l’état général de la société… ».

Aux citoyens détenus qui disposent de leurs droits civiques : VOTEZ EN MASSE DIMANCHE.

Chaque voix construit la France ….même celle des détenus !

Régis Sada

Pourquoi mes chers compatriotes, le moment est arrivé de faire un choix clair pour la France ?

medium_flag_france.3.jpgNous voilà arrivé au moment tant attendu et tant redouté depuis cinq ans, celui de se choisir un nouveau Président pour la France.

Si le débat a été complètement asphyxié par les « grands » durant toute cette campagne, vous êtes désormais placés devant vos propres responsabilités en étant appelés à désigner votre nouveau Chef de l’Etat sans connaître l’issue de sa future politique.

Les grandes questions ont été dissoutes dans des tentatives honteuses de détournement de l’opinion. Les français n’ont pas été épargnés, puisque c’est un véritable florilège de démagogie et de faux-fuyant qu’il leur a été proposé.

Au moment de faire son choix, les citoyens doivent répondre à une seule et unique question : Quelle France voulez-vous pour demain ? Cette question est saine puisqu’elle n’est ni de droite, ni de gauche.

Il n’est plus temps de s’interroger ou de s’inquiéter. Il est temps de choisir en conscience, celle ou celui le plus digne et le plus capable de représenter la France pendant les cinq prochaines années. Il y a quelques jours j’annoncer ici même que le 22 avril, je voterai en mon âme et conscience, non pas pour un clan, mais avant tout avec mon cœur pour la France et pour la République.

Puisque je crois à la France et à la République de toutes mes forces…mon choix est désormais ferme et définitif. Comprenne qui peu.

medium_buste_de_Marianne.3.jpgMais vous, mes chers compatriotes, quel est votre décision ?

Je n’ai jamais cédé à la pression des sondages, les jugeant trop aléatoires et trop incertains dans le temps. J’ai toujours préféré concentrer mes efforts sur une vision plus proche, plus juste, basée sur un véritable projet qui porte les attentes et les aspirations des citoyens.

La misère et la précarité sont si forts, si diverses et si ancrés dans la société, que l’on a pas jugé utile de le souligner assez fortement et d’y répondre de façon précise. Les enjeux étaient si importants que l’on a cru pouvoir occulter les vraies réponses à apporter.

Ma plus grande surprise et plus grande déception dans cette « campagne », c’est certainement le fait que tous les candidats ont esquivé une chose essentielle dans leur discours. Dire, crier et marteler leur amour de la République, de la France et des français.

Un pays et un Peuple que l’on sous-estime, que l’on méprise et que l’on regarde avec trop de hauteur, amène souvent à un souhait de soulèvement et de changement radical. Espérons que les dernières heures éclairent les lanternes des candidats.

Des candidats qui répondent aux questions posées par l’actualité du jour, ne sont pas un signe rassurant d’engagement et de stabilité pour demain. Un vieil adage dit pourtant qu’il ne faut jamais remettre à demain ce que l’on peut faire le jour même.

Les français semblent tantôt engagés à remplir leur devoir électoral en masse, tantôt résignés à apercevoir un résultat de premier tour désastreux et dangereux. Cette élection ne peut se terminer comme en 2002, avec un second tour offrant un non choix et une gifle à la République.

Notre devoir de citoyen de 2007, c’est de garder en mémoire que d’autres citoyens du monde n’ont pas la chance précieuse de décider de leur sort. De ne pas oublier la France au regard de son Histoire dans ses heures sombres comme claires. De ne pas oublier toutes celles et tous ceux qui se sont battus pour que nous vivions dans un pays de liberté, d’égalité et de fraternité. Et si nous doutons encore parfois de cette vérité, nous nous devons de sauver l’essentiel en protégeant notre démocratie et la République.

Faisons un choix sain et éclairé en gardant à l’esprit que rien ne sert de punir certains pour leur manque d’audace et d’action, et ainsi de favoriser des hommes porteurs d’une idéologie néfaste et nauséabonde pour les valeurs universelles portées dans notre Constitution.

Dimanche prochain, le Peuple aura la lourde responsabilité de trancher avec une France qui s’ouvre et qui saisi sa chance de réconcilier une société en proie au doute et au désespoir, ou de voir ressurgir une France haineuse, une France intolérante, une France où les français s’opposent les uns aux autres.

Le Peuple reste souverain et son choix devra être respecté. A 20H il sera trop tard pour dire « si j’avais su ! »…Vous n’aurez aucune excuse puisque vous saviez…..

L’Histoire est un éternel recommencement. Faisons en sorte de bannir cette éventualité et penser à des sourires plutôt qu’à des larmes. La démocratie en a besoin, la République nous appelle et la France nous tend ses bras.

AUX URNES CITOYENS !!! Pour toutes celles et tous ceux qui ne pourront être présent ce jour là, le vote par procuration vous permet de ne pas laisser aux autres le soin de décider de votre France d’après !

Chaque voix construit la France et renforce la République.

Le 22 avril prochain : VOTEZ quelque soit votre conviction, votre souhait ou votre désir d’avenir.

VOTEZ avant tout avec votre cœur, pour la France et pour la République.

Régis Sada

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