06 octobre 2009
Pourquoi Jean-Jaurès ?

A l'image de la puérile polémique de 2007 qui a accompagné la décision d'une lecture de la lettre de Guy Mocquet à tous les lycéens lors de la rentrée scolaire, c'est aujourd'hui l'utilisation du nom et de l'héritage de Jean-Jaurès qui se trouve au cœur de toutes les convoitises.
Des esprits tantôt faibles ou tantôt tourmentés, ils sont nombreux désormais à revendiquer une quelconque descendance avec lui ou à citer ses plus belles tirades.
Comme Guy Mocquet, Jean-Jaurès l'homme ou Jean-Jaurès le Parlementaire est, par ses actes, ses discours et ses pensées avant-gardistes, devenu immortel. Des français bien inspirés ont estimé que celui qui parfois, contre vents et marées, a préféré prendre le parti de la France au détriment du sien propre, méritait d'entrer au Panthéon des Grands Hommes.
Jean-Jaurès l'homme ou Jean-Jaurès le Parlementaire ne peut être politisé, ne peut être approprié, ne peut être revendiqué ou même associé. Jean-Jaurès l'homme ou Jean-Jaurès le Parlementaire est un intouchable. Il appartient à tous les français et bien au-delà il n'appartient qu'à la France.
C'est souvent en période de crise, lorsque la pensée est tarie, lorsque les convictions sont ébranlées ou lorsque le discours est devenu trop aseptisé, que les rescapés du moment cherchent l'appui des Grands Hommes du passé. Ces Grands Hommes pourtant ont bien mérité de reposer en paix.
Jean-Jaurès le citoyen ou Jean-Jaurès l'humaniste.
Jean-Jaurès ou l'héritage d'une République qui ne renonce jamais à appliquer l'Egalité de tous profitable pour tous. Jean-Jaurès aurait sans doute préféré qu'à 150 ans d'ici, on se dispute bien plus pour son ardent désir d'une République affirmée que pour l'héritage de son seul patronyme...
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10 juin 2009
Pourquoi Manuel Valls appelle les socialistes à se débaptiser ?

Invité politique de Laurent Bazin sur la matinale de I-Télé, le député-maire d'Evry Manuel Valls a lancé un appel qui ne manquera pas de faire grincer de nombreuses dents au lendemain de la réunion du Bureau National du Parti Socialiste convoqué à la suite des élections européennes, et qui a vu le parti culminer à 16,48 % des voix.
En effet, après avoir jugé dès dimanche soir que le Parti Socialiste parlait une langue morte et qu'il était clairement en voie de disparition sans un sursaut salutaire, Manuel Valls a complété sa pensée ce matin en appelant les socialistes à changer le nom du parti estimant que le mot socialiste « ne veux plus rien dire ».
Sans aller jusque là, il est rejoint par quelques fines lames du PS comme Jean-Christophe Cambadélis, Aurélie Filippeti, Pierre Moscovici ou Arnaud Montebourg, qui sont largement restés sur leur faim après que Martine Aubry ai souhaité que le PS se donne six mois pour que la rénovation du parti soit effective et que les élections régionales de mars 2010 ne sonnent pas le glas définitif d'un Parti Socialiste tenu en état de survie idéologique.
Le député-maire d'Evry estime qu'il est « minuit moins le quart avant la mort clinique du Parti Socialiste », que « nous sommes menacés de mort » et qu'il faut « changer totalement la direction du Parti socialiste, confier à cinq-six personnes trois-quatre chantiers pour que dans les trois ou six mois nous ne réfléchissions pas seulement mais nous tranchions les problèmes ».
Que penser de cette position qui a le mérite d'être franche ?
Sur le mot socialiste ne veut plus rien dire
J'avoue trouver cette affirmation un peu au-dessus la vérité sans toutefois la contredire totalement. Explication : le terme seul de socialiste me parait bien mal adapté aux enjeux de la société actuelle. C'est sans doute pour cette raison que j'ai choisi depuis longtemps de l'associer au mot libéral, dans le sens d'un socialisme qui répond à la réalité d'une économie mondialisée mais qui entend maitriser (et non contrôler à outrance) les débordements d'un libéralisme effréné.
Défenseur du fait que le PS doit tenir un langage de vérité et d'action sans se réfugier derrière les prétextes d'un dogme aujourd'hui poussiéreux, j'ai souvent subi les foudres -voir les injures- de certains de mes camarades de la section de Puteaux qui n'ont pas hésité à me traiter de « social-traitre » ou d'homme de droite (pour la version allégée).
Il est vrai qu'à la différence de certains, je n'ai jamais cherché à savoir si j'étais de gauche.....car moi, je sais pourquoi je ne suis pas de droite !
La lecture récente du document biographique sur Jean-Jaurès de Jean-Pierre Rioux paru dans la collection Tempus, a suffi à m'ôter tout doute sur mon engagement socialiste.
Le combat mené par le député de Carmaux au début du siècle dernier n'a jamais été autant d'actualité. La période actuelle est terriblement socialiste si l'on adapte les réalités vécues il y a cent ans à celles d'aujourd'hui.
Si Manuel Valls appelle ses camarades à se débaptiser sans détours, c'est aussi peut-être à cause que de nombreux militants du PS actuel n'ont jamais pris le soin de connaitre l'héritage de Jean-Jaurès, père du socialisme, et donc demeurent incapables d'adapter leur pensée aux besoins de celles et ceux que nous entendons représenter.
Sur la chronique de la mort annoncée du PS
Arlésienne de la vie politique depuis 2002. Le PS est-t-il en danger de mort ? Oui sans doute. Oui, car le PS n'a pas su renouveler ses têtes et pire, sa pensée. Mais au fond, ce n'est pas ce que représente le PS qui est mort, c'est le parti en lui-même.
Longtemps les militants du PS et bien au-delà, les sympathisants de gauche, se sont amusé des déboires d'une droite revancharde et ringarde. Les années Mitterrand (surtout le deuxième septennat) ont été fatales au discours socialiste et à son appareil.
Les dirigeants -toujours les mêmes d'ailleurs- se sont endormis sur leurs lauriers en pensant que l'élection de Jacques Chirac allais dans le sens de l'Histoire et que les français répondraient très rapidement aux sirènes PS. Enfermés dans cette option, les législatives de 1997 et la victoire de la gauche plurielle emmenée par Lionel Jospin ont répondu à cette vérité écrite.
Depuis cette date, le PS a oublié de réfléchir !
Sur le changement de direction à la tête du PS
Changer la direction. Pourquoi pas. La logique veut effectivement qu'une direction cède sa place après une lourde défaite comme celle vécue dimanche dernier. Sauf que Martine Aubry a été choisie par les militants et que les statuts ne permettent plus un renversement de la direction par les militants.
Malgré les efforts de renouvellement ou de rajeunissement des têtes à la Direction, c'est bien une question de méthode générale et de mode de fonctionnement à l'intérieur du parti qui pose problème.
Comment expliquer que les Fédérations soient « tenues » par les barons locaux et que la sélection des nouveaux talents ne se fait plus à la base mais au sommet même du parti ? Le PS d'avant a permis l'ascension de ses jeunes pousses....aujourd'hui il les recrute au sein d'un cercle fermé et interdit aux petits militants. Si le parti majoritaire de la gauche n'assure pas la promotion sociale, devrons-nous compter sur l'UMP pour le faire ?
Sur le fait de trancher les problèmes
Pour répondre à cela, il suffit de reprendre un slogan de la CFDT Michelin utilisé dans les années 90 : « on ne fait pas tourner la roue du progrès avec les idées du passé » ! Ajoutez à cela un homme de Cro-Magnon et vous comprendrez pourquoi le PS est en panne !
Oui, sans doute que si le PS a du mal à se faire entendre c'est avant tout car il demeure incapable aujourd'hui de présenter des positions clairement définies et tranchées.
Prenons juste pour exemple le cas du changement des institutions, des droits accordés aux homosexuels, l'entrée de la Turquie en Europe ou les droits des salariés des PME. Sur les institutions : le PS attend d'être minoritaire pour dire son souhait d'en changer. Sur les droits des gays et des lesbiennes : le PS sèche le premier vote sur le PACS et de nombreux barons locaux s'interdisent tout mariage entre personne de même sexe. Sur l'entrée de la Turquie en Europe : si vous connaissez la position exacte du PS, faites signe. Enfin, dans le discours et les écrits du PS, les salariés des PME sont invisibles face à leurs amis fonctionnaires ou salariés des grandes entreprises.....
Le Bureau National de ce mardi n'a pas fait exception : au vote sanction des français, le PS a choisi de ne répondre.....que dans six mois ! Cette valse permanente des hésitations et des non réponses demeure un appel à l'abstention ou à un vote différent.
Maintenant, Manuel Valls a-t-il raison d'aller si loin dans ses propos : sans aucun doute oui ! C'est malheureusement souvent en osant aller à contre courant de la pensée unique que l'on draine derrière soi les espoirs de ceux qui ne veulent plus simplement attendre.
Comme beaucoup d'autres, je ne souhaite plus « attendre » une hypothétique rénovation du PS. Sans doute car comme bon nombre de militants et de français....j'en ai assez d'être dans le cas des perdants !
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19 février 2007
Pourquoi j’ai participé bêtement au Projet Socialiste en 2005 ?
Les citoyens sont sensibles à l’attention que les partis politiques portent à leurs attentes et à leurs besoins quotidiens. La campagne de Ségolène Royal s’est axée sur le principe de la démocratie participative qui donne lieu à de sérieux dérapages ou incompréhensions.
Le Parti Socialiste revendique fièrement son étiquette de « parti militant ». Si cela permet de donner le change à l’extérieur du parti, cela ne dupe personne et les batailles de pouvoir et d’influences internes se font au détriment de ce grand principe.
J’ai adhéré au Parti Socialiste en 2004 (entre les deux tours des régionales), non par adhésion aux dogmes socialistes qui n’existent plus aujourd’hui, mais bien plus dans l’idée de renforcer la démocratie à Puteaux – un besoin de chaque instant – et de partager ma propre vision des choses.
Je n’ai jamais caché mes appréhensions à la grande mécanique politique qui détruit tout. Au Parti Socialiste : je n’ai pas été déçu ! Je me plais même à dire qu’en étant militant, j’ai enfin commencé à comprendre pourquoi et comment la société s’était désintégrée en quelques décennies, victimes de ces batailles internes citées plus haut.
Toutefois, même si je n’ai pas besoin d’être militant pour me convaincre que mes idéaux et ma « méthode » est socialiste et SURTOUT de gauche, j’ai tenté de jouer le jeu interne en déposant des textes contributifs.
Ces deux textes ont attiré la sympathie, l’indifférence polie voire l’hilarité de certains de mes « camarades ». Cela ne m’a jamais dérangé car je suis convaincu depuis bien longtemps que l’on meurt de tout, sauf du ridicule !
Passé ce doux moment en réunion de section, j’ai donc adressé mes deux proses à la Commission Nationale du Projet. Cette même Commission a rédigé le fameux « PROJET SOCIALISTE » contre lequel j’ai voté, le jugeant creux et inutile, voire même honteux face aux attentes et aux besoins des français.
Pour dire vrai, les Congrès Fédéraux ont donné lieu à de bonnes séances de passes d’armes. Au texte initial, les militants de toutes les sections de France ont proposé des amendements qui ont été regroupés, minimisés et réintégrés dans la version originale.
Au final, le texte proposé aux français n’est le fruit que de l’imaginaire d’Henri Emmanuelli et de son équipe, et fut tellement critiqué qu’il n’est en rien nécessaire de le mettre aujourd’hui en avant. Comme d'habitude : sur ce projet ou sur l'orientation d'une campagne, vous n'avez pas le droit de donner votre avis. Ce que Solférino dit, Militant doit dire !
C'est sans doute pour cette raison que je suis catalogué : FOU, UTOPISTE, DANGEREUX OU EMMERDEUR PROFESSIONNEL. J'aime ces définitions car elles me correspondent. Je ne donne à personne le droit de penser et de parler à ma place.
Je ne suis ni Enarque, ni écrivain, je suis un simple citoyen qui a rempli son devoir de bon militant. Mes contributions sont plus simples, plus modestes, écrites avec les mots de Régis Sada…
Je vous invite à leur lecture dans les deux prochains posts à venir…. Surtout ne riez pas : d’autres l’ont déjà fait pour vous…
Régis Sada
15:24 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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