11 août 2011

Pourquoi SOS jeunesse suicidée ?

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L’annonce du suicide de François-Xavier en pleine saison 5 de Secret Story, a donné lieu à des réactions et des propos aussi surprenants que déroutants.

Les larmes de crocodile versées par certains de ses anciens camarades de jeu comme la pulpeuse Cindy Lopes, font rire au mieux et affligent au pire. Loin de moi l’idée de penser qu’aucun affect ne se soit développé entre les « ex ». Je m’interroge toutefois sur la nature de cet affect en voyant la précipitation affligée de ces pleureuses remplir les colonnes de France Soir ou de Voici à peine l’information du décès connue !

Il en va de même avec cette prodigieuse jeunesse virtuelle qui s’épanche longuement sur cette disparition en portant François-Xavier au Panthéon des grandes stars trop vîtes disparues ou qui vient à se satisfaire de cette mort sur les réseaux sociaux.

FX n’était pas une star. C’était une étoile filante de cette télévision grande consommatrice de curiosités. FX n’était pas mon ami et je ne pleure pas sa disparition. Qu’il soit considéré comme un petit prodige ou une « erreur de casting » n’empêchera pas d’avoir du respect pour l’homme qui vient de disparaitre et pour ses proches qui le pleure aujourd’hui. 22 ans n’est pas un âge pour mourir.

Premier point : au-delà de ce fait-divers tragique et du personnage atypique qui en est l’acteur, j’aurais préféré que l’on évoque le fait que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 25 ans. Deux suicides récents ont prouvé que ces idées suicidaires interviennent bien plus tôt encore. J’aurais préféré que les journalistes qui se sont fait l’écho de ce suicide parle de cette jeunesse isolée, cette jeunesse qui s’abandonne au virtuel et qui vit sa vie par procuration, qu’ils nous parlent de cette jeunesse suicidée.

Deuxième point : les récentes déclarations de FX où il évoquait sa profonde dépression devant une carrière qui ne voulait pas se dérouler dans le sens souhaité doit nous interpeller. Nous interpeller sur la dangereuse illusion de l’argent facile et d’une célébrité assurée. La dangereuse illusion que tout est beau dans la jeunesse et dans l’insouciance. Cette illusion est sans doute vraie lorsque les lumières brillent. Quant est-t-il lorsque celles-ci s’éteignent ?  

Si pour François-Xavier il est malheureusement trop tard, il est peut-être possible de faire quelque chose pour tous les autres…En mettant fin à ses jours, FX a emporté ses secrets avec lui. Le premier d’entres-eux n’en est plus un : le reflet d’une très grande solitude !

A la manière de Thomas Bernhard : « La jeunesse est un défaut… Mais le défaut de l’âge, c’est de voir les défauts de la jeunesse ».

18 mai 2011

Pourquoi un nombre historique de détenus en France ?

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64.584

Ce n’est pas un code d’accès et encore moins un numéro fétiche. Pour la première fois de notre Histoire, au 1er mai 2011 la France compte donc 64.584 personnes détenues dans ses prisons.

Selon le détail fourni par l’Administration Pénitentiaire et repris par le journal Le Monde dans son édition du 17 mai, ce chiffre représente une hausse de 4,8 % par rapport à mai 2010 (61 604) et une augmentation de 0,7 % par rapport au 1er avril 2011 (64 148). Le nombre de détenus a augmenté de 6,7 % depuis le 1er janvier 2011 (60 544).

Le nombre de prévenus (en détention provisoire, en attente d'un jugement) s'élève à 16 882 pour 47 702 condamnés, représentant donc 26,1 % des personnes incarcérées. Au 1er mai 2010, il y en avait 15 963. Les mineurs détenus étaient quant à eux 792 au 1er mai 2011, chiffre en baisse de 1,5 % par rapport au mois précédent (804 au 1er avril). Au 1er janvier, ils étaient 688.

En juillet 2008, le taux de surpopulation carcérale était de plus de 126 %. Il est actuellement de 115 %, le parc pénitentiaire comptant 56 150 "places opérationnelles", du fait de l'ouverture de nouveaux établissements entre 2008 et 2010.  Le ministre de la justice, Michel Mercier, a précisé début mai les modalités d'un plan prévoyant la construction de nouvelles prisons et la rénovation d'autres, visant à obtenir plus de 70 000 places en 2018.

A la publication de ces chiffres, les syndicats pénitenciers ont tenu à souligner l’aggravation de la situation générale de nos prisons, la multiplication des tensions et des incidents portant atteinte à leurs conditions de travail, et leurs regrets de ne pas constater d’efforts visant à préférer des solutions alternatives à l’incarcération.

L’Observatoire International des Prisons avait quant à lui dénoncé le zèle d’excès de condamnations en Ile-de-France et dans les prisons de l’ouest de la France où l’affaire Laëtitia à Pornic n’avait pas manqué de faire la une des medias.

Par ailleurs, si la France continue à remplir ses prisons en toute sérénité et de lancer un vaste chantier de nouvelles constructions, elle ne semble pas pressée de rendre ces mêmes établissements conformes en termes de salubrité et de respect de la dignité de celles et ceux qu’elle « loge ». Elle vient d’être condamnée à Caen pour ce motif, et se voit contrainte de verser des dommages et intérêts à d’anciens détenus qui l’avaient attaqué devant la Justice.

A la Santé, célèbre prison de Paris, un détenu anonyme a publié il y a quelques semaines une lettre relatant ses conditions de détention sous le titre évocateur de « Comme un chien enragé ».

Depuis le 1er janvier 2011, 33 détenus ont mis fin à leurs jours dans les prisons françaises.

A la manière d’Honoré de Balzac : « C'est surtout en prison qu'on croit à ce qu'on espère ! »

29 décembre 2010

Pourquoi encore 114 suicides en prison en 2010

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114 SUICIDES dans les prisons françaises pour l’année 2010 contre 139 en 2009.

Les actes préventifs décidés et déployés par le Ministère de la Justice dans les lieux de détention, n’ont pas suffit à enrayer cette vague massive de suicides au sein de la population carcérale.

Ainsi, les solutions telles que les isolements sous contrainte, les aides psychologiques entre détenus, les « kits anti-suicides » ou autres repérages de détenus à risque par l’Administration Pénitentiaire, ne laissent observer aucune inflexion des chiffres qui s’inscrivent année après année dans une douloureuse constance.

Un rapport rendu début 2010 précise que dans la catégorie des hommes entre 15 et 45 ans l’on se suicide 6 fois plus à l’ombre qu’en liberté. Comme à l’extérieur, mettre fin à ses jours de manière volontaire n’est jamais une chose anodine. C’est souvent l’expression d’une déshérence affective, d’un désespoir humain ou d’un renoncement social.

Cette différence « statistique » peut-elle trouver une explication recevable au moment ou un individu s’inflige son « Jugement dernier » ? Pour ma part, un seul mot suffit : SOLITUDE.

A la manière de Florence Aubenas, présidente de l’Observatoire International des Prisons : « Alors maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? »

23 juillet 2010

Pourquoi la prison continue-t-elle de tuer ?

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Depuis le 1er janvier 2010

71 détenus

ont mis fin à leurs jours ou sont décédés

dans des conditions suspectes dans les prisons françaises

139 détenus se sont suicidés en 2009

Ban Public

OIP section France

24 février 2010

Pourquoi le suicide en prison retrouve l'intérêt des medias ?

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Le suicide de Jean-Pierre Treiber ce samedi dans le quartier d'isolement de Fleury-Merogis a retenu l'attention des medias bien plus pour le statut particulier de ce détenu (assassin présumé de Géraldine Giraud et de sa compagne), que pour la sentence qu'il s'est infligé lui-même.

Selon le triste comptage réalisé par Ban Public, cette mort (par pendaison) porte à 21 le nombre de suicides dans les prisons françaises depuis le début de l'année 2010.

Du fait de son évasion spectacle à l'automne dernier, Jean-Pierre Treiber portait l'étiquette de DPS (Détenu Particulièrement Signalé) et donc placé sous surveillance accrue au sein du quartier d'isolement. La polémique concernant sa mort porte essentiellement sur le fait que Jean-Pierre Treiber n'était pas soumis à l'équipement réservé aux détenus potentiellement dangereux pour eux-mêmes.

Cet équipement dit « kit anti-suicide » se présente de la sorte : un matelas ininflammable, un pyjama à usage unique en papier et des draps indéchirables. Cette description omet de préciser que ces détenus n'ont pas le droit de porter de sous-vêtements, que le pyjama papier ne dispose d'aucun élastique et que, comme les draps, ne supportent aucun écoulement.

Les quartiers d'isolement accueillent les détenus placés sous statut DPS et ceux qui soumis à la punition suite à une mauvaise conduite au sein de l'établissement pénitentiaire.

Quelques points importants passés sous silence : les détenus DPS jugés trop dangereux pour eux-mêmes ou le personnel pénitentiaire, lorsqu'ils sont jugés trop agités, sont régulièrement calmés au moyen de traitements médicaux (euphytose ou antidépressifs) et entravés durant les nuits. Les entraves (bracelets de cuir + chaînes) sont placées aux mains et aux pieds des détenus.  

Cette polémique ne répond pas aux enjeux essentiels 

  • Un détenu qui souhaite mettre fin à ses jours trouvera toujours un moyen d'y parvenir. Ce rapport d'octobre 2000 signé par le Dr. Sophie Baron-Laforet confirme qu'en 10 ans la situation est restée au point mort.     
  • Plus de 60% des détenus qui mettent fin à leurs jours sont en attente de jugement.
  • Le personnel pénitentiaire est-il suffisamment formé pour gérer des caractères instables, en plus d'assumer une population carcérale de plus en plus nombreuse et de plus en plus violente ?
  • Quelles missions pour la prison d'aujourd'hui ?

Le suicide d'un jeune de 16 ans jugé fragile et incarcéré en EPM (Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs) ce mardi 23 février, ainsi que celui d'un jeune détenu de 24 ans à Rennes le même jour, doivent amener l'Administration Pénitentiaire et le Ministère de la Justice à se poser l'ensemble des questions évoquées ci-dessus.

Mêmes les sujets les moins sexy ou les moins pourvoyeurs de voix doivent trouver des solutions. Cela impose de leur donner une résonnance minimum au sein du débât public. Cela impose forcément une volonté coordonnée de l'exécutif et du législatif. Cela impose obligatoirement des engagements fermes et du courage politique.    

02 avril 2009

Pourquoi le rapport sur le suicide en prison a-t-il été modifié par le Ministère de la Justice ?

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Le président de la commission sur la prévention du suicide en milieu carcéral, le Dr Louis Albrand, n'ira pas remettre son rapport à la Chancellerie ce jeudi 2 avril comme prévu, estimant que le texte a été "modifié".

"Je n'irai pas à la chancellerie", a déclaré jeudi le Dr Albrand sur France-Info, expliquant ne pas se reconnaître dans le rapport final. "Ce rapport est modifié. Ce n'est pas le rapport princeps de la commission Albrand". Ce rapport de 155 pages et contenant 20 recommandation avait été commandé en novembre 2008 par Rachida Dati et devait être remis jeudi à 13h00 au directeur de cabinet de la ministre de la Justice.

"L'heure est à l'action dans les prisons et aucune des recommandations de mon pré-rapport n'ont été mises oeuvre après trois mois", a-t-il regretté. "Il faut que les politiques s'engagent!". "J'aurais souhaité aller plus loin. Certaines préconisations comme la durée du mitard ne se retrouvent pas dans le rapport. Tout cela reste flou. Non, je ne retrouve pas exactement le rapport que ma commission avait préconisé", a-t-il répété.

Interrogé par l'AFP, un des membres de la commission a déploré "l'interventionnisme" de l'Administration pénitentiaire (AP) dans la rédaction finale du rapport.

Parmi les vingt propositions, le rapport recommande "d'accentuer la formation des personnels", notamment en matière "d'évaluation du potentiel suicidaire" des détenus, à travers la généralisation d'une "grille d'évaluation du potentiel suicidaire". Il conseille également de "favoriser les échanges d'information avec les familles et proches".

Réagissant à ces déclarations, l'Observatoire international des prisons (OIP) a réclamé "la constitution d'une commission d'enquête indépendante placée sous l'égide du contrôleur général des lieux de privation de liberté".

Selon l'OIP, 38 suicides ont été dénombrés depuis le 1er janvier 2009 dans les prisons françaises, dont huit survenus au quartier disciplinaire, soit une proportion de 21%. Sur la base d'une équirépartition, ce chiffre correspondrait à un nombre annuel d'environ 151 suicides en 2009, qui signifierait une hausse de 31% par rapport à l'année précédente, affirme l'organisation, qui rappelle que 2008 s'était terminée avec une augmentation de 20% des suicides (115) par rapport à 2007 (96).

A lire sur le site du Nouvel Obs

 

La sortie médiatique du Dr. Albrand est une pierre jetée dans le jardin du Gouvernement qui, malgré toutes les déclarations de bonnes intentions, ne semble pas prendre la juste mesure des conditions de détention dans notre pays.

Les sévères remontrances du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne sur la situation des prisons françaises n’ont visiblement pas assez porté leurs fruits pour que le Gouvernement décide de suivre à la lettre les recommandations qu’il a pourtant lui-même demandé l’analyse.

A lire les propos du Dr. Albrand et de différents membres de cette commission, le rapport présenté a été volontairement censuré par le Ministère de la Justice et l’Administration Pénitentiaire.

C’est une mauvaise nouvelle pour les détenus, les associations et les professionnels confrontés à la réalité de la vie carcérale.

Depuis le 1er janvier 2009 : 39 suicides (ou morts suspectes) ont été recensés dans les prisons françaises.

Régis Sada

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18 mars 2009

Pourquoi l'hémorragie de suicides en prison s'amplifie ?

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34 SUICIDES EN PRISON

Un détenu de la maison d'arrêt d'Angers, condamné à une courte peine, s'est pendu dans sa cellule lundi 16 mars. Vendredi, un mineur de 17 ans s'est étranglé avec sa ceinture à la maison d'arrêt de Moulins-Yzeure. Deux jours plus tôt, c'est un détenu condamné à une longue peine qui s'était pendu dans sa cellule au centre de détention de Montmédy. Dimanche 8 mars, un prévenu de 45 ans s'est donné la mort à la maison d'arrêt d'Arras alors qu'il était en attente de jugement.

Depuis le début de l'année, vingt-huit personnes se sont suicidées dans les prisons françaises, selon les chiffres de l'Observatoire international des prisons (OIP). A ce rythme, le chiffre de 115 suicides recensés en 2008 devrait largement être atteint, soit un mort tous les trois jours.

En mai 2008, l'administration pénitentiaire croyait constater une "baisse des suicides en prison depuis 2002". En réalité, mis à part une chute notable en 2006 et 2007 (voir graphique ci-dessous), le nombre de suicides est stable depuis une dizaine d'années.

Plus inquiétant, la moitié des personnes qui mettent fin à leurs jours n'ont pas encore été jugées, et ce alors qu'elles ne représentent que 28 % de la population carcérale. Le taux de suicide des prévenus est ainsi deux fois supérieur à celui des condamnés. "Les moments à haut risque se situent peu après l'incarcération, à cause du choc, dans les moments qui entourent le procès ainsi que lors des placements en quartiers disciplinaires", explique François Bès, coordonnateur de l'OIP en Ile-de-France. "Ces suicides sont une preuve supplémentaire de la trop grande utilisation qui est faite de la détention provisoire."

La suite à lire sur Le Monde

Site de l’Observatoire International des Prisons

Site de Ban Public

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05 février 2009

Pourquoi évaluer le potentiel suicidaire des prisonniers lors de leur incarcération ?

 

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Le journal Le Figaro révèle que dans un rapport remis au ministère de la Justice, le docteur Louis Albrand émet quinze préconisations pour réduire le nombre de suicides en milieu pénitentiaire.

«Humaniser la prison.» Tel est le leitmotiv du Dr Louis Albrand, chargé par le cabinet de la Garde des Sceaux Rachida Dati de remettre un rapport sur les suicides en milieu pénitentiaire. Pour le Dr Louis Albrand, si le nombre de cas est si élevé (115 suicides en 2008, selon l'administration pénitentiaire), c'est d'abord parce que les conditions de détention ne se sont pas améliorées, bien au contraire.

«Il n'y a pas de mesure très technique qui va faire tout changer, prévient le psychiatre, dans un entretien au figaro.fr. Ce qu'il faut avant tout, c'est humaniser la prison. On constate que la plupart des détenus qui se sont suicidés avaient entre 30 et 35 ans. Il ne faut donc pas rompre l'espoir de réinsertion des individus dans les prisons, et cela passe par une plus grand humanisation dans les centres pénitentiaires.»

Pour ce faire, l'auteur du rapport propose notamment de réduire de 45 à 30 jours la durée de placement en quartier disciplinaire, et d'attribuer un droit de parloir aux individus détenus dans ce même quartier disciplinaire. «Nous devons développer la communication et notamment la téléphonie au sein des prisons», préconise également Louis Albrand, sans donner davantage de précisions pour le moment.

Autre mesure phare proposée par le psychiatre, «faire évaluer par un médecin le potentiel suicidaire à l'arrivée des détenus dans les prisons». Une grille d'évaluation du risque serait en cours d'élaboration par un comité de spécialistes. «Sachant que la plupart des suicides sont faits par pendaison, il faudrait également prévoir des cellules spéciales pour les détenus dont le potentiel suicidaire est élevé», note le Dr Louis Albrand.

Un ensemble de préconisations qui, pour l'auteur du rapport, devrait permettre de faire baisser le nombre de suicides en prison. En 2008, 115 détenus se sont donné la mort en milieu carcéral, selon l'administration pénitentiaire.

 

suicide.jpgKarine Bergnes de l’association Faîtes la Lumière en Détention et Nadia Soltani de Ban Public ont souhaité réagir à ce rapport commandé par la Garde des Sceaux Rachida Dati, et ont dressé le constat suivant : OSER DECRETER L’URGENCE !

Elles ont conjointement fait de nouvelles propositions complémentaires en donnant un nouvel écho à l’appel précédemment lancé par Robert Badinter : "Nous ne pouvons plus persister dans cette acceptation séculaire de prisons indignes, alors qu’il ne faut que du courage politique pour en finir avec cette honte nationale".

Leurs propositions :

  • Favoriser les peines alternatives à la détention.
  • Améliorer les conditions de détention.
  • Favoriser la notion de dignité et de droit.
  • Favoriser le contact humain et protéger la personne détenue.
  • L’entretien et la vie au quotidien.
  • La réintégration.
  • La famille et les proches au cœur de la réintégration.
  • Les médiateurs de santé et visiteurs.
  • La place du médecin traitant.
  • La voies de recours et protéger le droit.
  • Mise en place de boitiers sécurisés pour l’ouverture des cellules en cas d’urgence.
  • Mise en place de mesures de protection de l’enquête en cas de décès en détention.
  • La responsabilité de tous les acteurs.

Lire le dossier « le suicide en prison, au nom des familles de personnes incarcérées ».

16 janvier 2009

Pourquoi l’Observatoire International des Prisons (OIP) tire le signal d’alarme ?

 

 

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COMMUNIQUE DE L’O.I.P.

 

Paris, 15 janvier 2009

 

A l’heure où les établissements pénitentiaires sont le théâtre d'une vague de suicides sans précédent et où l’évolution de la mortalité intramuros et des phénomènes de violences prennent des proportions alarmantes, l'Observatoire international des prisons invite le Parlement à prendre la mesure, par lui-même, de la profonde dégradation survenue sur nombre d’aspects de la situation carcérale depuis que les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat ont rendu leurs rapports en 2000.

 

Dans un contexte marqué par une hausse de 20 % du nombre des suicides survenus en prison et alors que treize personnes détenues se sont déjà données la mort depuis le 1er janvier 2009, il apparaît urgent que les parlementaires évaluent et réorientent la politique de prévention du suicide mise en œuvre depuis 2004 et établissent les raisons pour lesquelles la France demeure le pays d’Europe marqué par le taux de suicide en détention le plus élevé. La représentation nationale doit se saisir de cette question grave, la définition et le pilotage de la politique publique mise en œuvre en matière de prévention du suicide en milieu carcéral ne sauraient être laissés à la seule appréciation de l'administration pénitentiaire. Toute commission mise en place en son sein ou placée sous l’égide du seul ministère de la Justice se trouve inévitablement dans l'impossibilité de s'abstraire des contingences pénitentiaires, d’ordres sécuritaires ou gestionnaires.

 

Plus largement, l'OIP appelle les parlementaires à examiner l’impact sur l’augmentation de la mortalité et des phénomènes de violences intramuros des conditions matérielles et psychologiques dans lesquelles s’effectuent les peines privatives de liberté, de l’organisation et du fonctionnement des établissements pénitentiaires, et des politiques pénale et pénitentiaire mises en œuvre. Il apparaît que 56 décès par mort naturelle ont été constatés lors du premier trimestre 2008 dans les prisons françaises, contre 103 pour l’ensemble de l’année 2007.  Les chiffres officiels concernant les phénomènes de violences entre détenus et entre détenus et surveillants sont contestés par les organisations professionnelles de personnels. L'opacité de l'administration pénitentiaire sur ces sujets témoigne de son incapacité à admettre et mettre en œuvre les réformes décisives que ces phénomènes appellent.

 

Pour toutes ces raisons, l’OIP demande à l’Assemblée nationale et au Sénat de décider sans délai de la création de commissions d’enquête. L'OIP attend notamment des parlementaires qu’ils tirent toutes les conséquences du diagnostic posé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté sur la question du suicide. « Privé du droit de recours, de rencontre avec un travailleur social, enfermé sans lumière, apeuré à l’idée d’aller en promenade ou à la douche, un détenu peut avoir les idées noires, ce sont là quelques-uns des ingrédients du suicide en prison », a estimé Jean-Marie Delarue en marge de la publication de sa première recommandation. L’OIP s’adresse solennellement à l’ensemble des parlementaires pour qu’ils refusent que la discussion sur le projet de loi pénitentiaire du gouvernement soit engagée avant que leurs travaux et conclusions soient rendus publics.

 

Consultez le site de l’O.I.P.

 

Consultez le site de Ban Public

 

DEPUIS LE 1er JANVIER 2009

15 SUICIDES OU MORTS SUSPECTES

DANS LES PRISONS FRANCAISES

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30 octobre 2008

Pourquoi depuis le 1er janvier 2008 : 93 détenus se sont suicidé dans les prisons françaises ?

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Je n’ai jamais aimé la conformité. Elle enferme les hommes. Elle dénature leur objectivité. Elle les prive de liberté.

On m’a souvent posé cette question : « Pourquoi te soucier des conditions de détention ? ». Vaste question à laquelle j’ai toujours répondu : Parce que je déteste l’injustice.

SACRILEGE ! Crieront les biens pensants.

Il n’y a aucun sacrilège à mes yeux car je ne renie ni le droit des victimes, ni le Droit que chaque citoyen se doit de respecter, ni la supériorité de la Justice qui doit affirmer son autorité.

Je renie en revanche cette France qui s’en fout des conditions dans lesquelles elle fait vivre ses prisonniers. Je renie cette France qui fait un doigt d’honneur aux remontrances que lui adresse le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (ONU), le Commissaire Européen aux Droits de l’Homme ou le Conseil de l’Europe.

Pour copier Ségolène Royal –une fois n’est pas coutume- je dirais que ma colère est saine. Saine et froide. Froide car je ne supporte plus de lire, de voir et d’entendre ces Députés, ces Sénateurs, défiler sur les plateaux de télévision pour « pleurer » sur la disparition de la numérotation départementale sur les plaques minéralogiques alors que la Justice et ses acteurs (avocats, magistrats, surveillants….) lancent des balises de détresse.

Un pays qui sacrifie sa Justice est un pays qui se mutile. Une France qui s’égare est une France qui souille la mémoire de sa propre Histoire. Je n’aime pas cette France qui perd le sens moral. Je n’aime pas ces Parlementaires qui me privent cette liberté qu’est la fierté d’être français.

Je n’ai jamais aimé la conformité. Je n’ai jamais eu la mémoire courte. C’est donc naturellement que je donne une nouvelle vitrine à Ban Public, en reprenant sa liste détaillée des suicides et autres morts suspectes dans les prisons françaises.

Un certain Général de Gaulle dira : « La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ! ». A ma manière donc, je continuerai de résister contre la conformité et la médiocrité de la pensée.

Régis Sada

OBSERVATOIRE DES SUICIDES DANS LES PRISONS FRANCAISES – BAN PUBLIC

CD MURET

31/05 - Suicide d’un homme de 56 ans, par pendaison
29/06 - Suicide par pendaison d’un homme de 32 ans à l’isolement

CD UZERCHE

07/05 - Mort suspecte d’Eric, 26 ans

CP AITON

14/07 - Suicide d’un homme, âge inconnu

CP ARGENTAN

14/05 - Homme de 25 ans mort par pendaison aux barreaux de sa cellule

CP BAPAUME

07/02 - Mort suspecte d’une femme, 35 ans
23/10 - Suicide d’un homme de 39 ans par pendaison

CP CAEN

25/08 - Suicide d’un homme d’une cinquantaine d’année par pendaison

CP CHATEAU-THIERRY

19/09 - Suicide d’un homme, âge inconnu

CP CHATEAUROUX

20/05 - Suicide d’un homme de 50 ans, par pendaison
20/05 - Suicide d’un homme de 26 ans, par pendaison

CP DRAGUIGNAN

31/03 - Suicide d’un homme d’une cinquantaine d’années

CP FRESNES

21/01 - Décès d’un homme, âge et date précise inconnue
21/01 - Mort suspecte de « Lu » Semedo De Veiga, jeune femme de 28 ans, par défaut de soins
05/02 - Décès d’un homme, âge et date précise inconnue
11/01 - Décès de Kamel dans des circonstances inconnues
08/03 - Suicide d’Omar Kefif à la 3e division
29/04 - Décès mi avril à la MAF, date et âge inconnus

CP JOUX LA VILLE

22/06 - Suicide de Cyril Chipon, 29 ans, par surdose médicamenteuse et strangulation

CP MARSEILLE – LES BAUMETTES

23/02 - Suicide d’un homme de 27 ans, par pendaison
17/03 - Suicide par pendaison d’un homme de 31 ans

CP MAUBEUGE

31/05 - Suicide d’un homme de 28 ans, par pendaison

CP MEAUX-CHAUCONIN

05/09 - Suicide par pendaison d’un homme de 49 ans

CP PONTET

12/09 - Suicide de Raymond Cortes, 22 ans par pendaison

CP REMIRE-MONTJOLY

24/05 - Suicide par pendaison d’un jeune homme, le lendemain de son incarcération

EPM MEYZIEU

02/02 - Suicide de Julien, 16 ans, par pendaison

M.A. ANGERS
23/05 - Suicide de Johan, 37 ans, par pendaison

M.A. ANGOULEME
26/07 - Mort suspecte de Sami Jelassi lors de son transfert avec l’hôpital de Girac

M.A. BORDEAUX-GRADIGNAN
12/01 - Suicide d’un homme, ressortissant allemand, 45 ans, en détention provisoire depuis le mois de juin, par pendaison.

M.A. CAEN
19/08 - Mort d’un homme de 22 ans, quatre jours après sa tentative de suicide

M.A. FLEURY MÉROGIS
08/05 - Mort d’un jeune homme, d’une trentaine d’années
09/08 - Suicide par pendaison d’un jeune homme de 21 ans en détention provisoire
29/09 - Suicide par pendaison d’un homme d’une vingtaine d’années en détention provisoire
25/09 - Suicide par pendaison d’un homme d’une cinquantaine d’années au quartier arrivant
01/06 - Suicide par pendaison d’un jeune homme de 23 ans

M.A. LOOS-LES-LILLE
21/10 - Suicide d’un homme, 52 ans, par pendaison

M.A. LYON - SAINT PAUL / SAINT JOSEPH (MAH)
04/09 - Suicide d’un homme, âge inconnu, date exacte inconnue

M.A. METZ-QUEULEU
03/06 - Suicide d’un jeune homme, 27 ans, au service médical
21/05 - Suicide par pendaison d’un homme de 20 ans
03/07 - Suicide par pendaison d’un homme de 48 ans
06/10 - Suicide par pendaison de Nabil L. 16 ans au quartier mineur

M.A. NANTERRE
27/03 - Suicide au quartier disciplinaire d’un homme de 23 ans par pendaison
02/06 - Suicide d’un détenu(e), âge inconnu

M.A. NICE
30/05 - Suicide d’un homme, d’une trentaine d’années, par pendaison au quartier disciplinaire
30/07 - Suicide par pendaison d’un homme de 36 ans en détention provisoire

M.A. PARIS - LA SANTÉ
06/03 - Suicide de Manuel L. quelques heures aprés sa mise en détention malgré les alertes de sa famille sur son état suicidaire et ses précédentes tentatives de suicide.

M.A. SEYSSES
04/06 - Suicide d’un homme de 63 ans dans sa cellule du service médical, après plusieurs tentatives préalables
31/07 - Suicide par pendaison d’un homme de 32 ans

M.A. STRASBOURG
14/10 - Décès d’un mineur de 16 ans à la suite d’une tentative de suicide par pendaison le 09-10-08
17/10 - Suicide d’un homme d’une vingtaine d’année par pendaison

M.A. VALENCE
04/03 - Un homme de 19 ans qui purgeait une courte peine succombe à ses blessures ; il avait demandé à changer de cellule plusieurs fois.

M.A. VILLEFRANCHE SUR SAÔNE
14/07 - Suicide d’un homme, âge inconnu
31/08 - Suicide d’un détenu durant l’été 2008, âge et sexe inconnus
31/08 - Suicide d’un détenu durant l’été 2008, âge et sexe inconnus

M.A. VILLENEUVE-LES-MAGUELONE
18/01 - Suicide d’un homme de 31 ans, par absorption de médicaments

M.C. ENSISHEIM
18/10 - Suicide d’un homme de 45 ans par pendaison au quartier disciplinaire

SUICIDES / MORTS SUSPECTES DANS PRISON NON DETERMINEE : 37

 

11:44 Publié dans Changer la prison en France ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : suicide, prison, france, banpublic, justice, politique | |  Facebook