25 février 2010

Pourquoi le 4ème Congrès contre la peine de mort ?

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11 décembre 2009

Pourquoi la France n'a pas de leçon à donner à la Suisse ?

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Les suites du référendum suisse sur les minarets et l'intervention du Président de la République sur le sujet,  n'arrêtent pas de délier les langues -parfois les plus mauvaises- et de faire couler beaucoup d'encre.

Dans son édition du 11 décembre 2009, le journal Le Monde publie une tribune d'un de ses journalistes Luc Bronner au titre évocateur de « Pourquoi la France n'a pas de leçon à donner à la Suisse », où en quelques phrases très ciblées le fond du problème est abordé avec notamment le regard que les français peuvent porter à ce qui est différent.

Un article à lire et à méditer, qui ne manquera pas de faire débat tant il montre le visage d'une France qui a la fâcheuse tendance de chercher les responsabilités des maux qu'elle a parfois elle-même initié. Revue de détail :

« Mais comment ne pas voir que la société française participe tous les jours à un référendum contre les "jeunes à capuche" ? Non pas avec des bulletins glissés dans les urnes. Mais un vote avec nos pieds, dans nos choix d'employeurs, d'élus, de parents, de voisins. Car cette catégorie sociale cristallise, à tort ou à raison, une triple angoisse dans notre société vieillissante : la jeunesse, l'immigration et l'islam. Une génération à laquelle on prête toutes les menaces, parfois contradictoires : du "repli communautaire" au communautarisme conquérant, de l'intégrisme religieux à la boulimie de consommation, de l'absence d'identité au trop-plein identitaire.

Sans se l'avouer, nous avons basculé dans une société de la peur et du rejet vis-à-vis d'une jeunesse perçue comme une nouvelle "classe dangereuse". Nous, collectivement, sans passer par un vote comme les Suisses, mais par nos pratiques, nos attitudes sociales. Un chiffre témoigne de la gravité de cette coupure : dans les zones urbaines sensibles (ZUS), 41,7 % des hommes de 15 à 24 ans sont au chômage, soit le double de la moyenne nationale pour les garçons du même âge, déjà très élevée par rapport au reste de l'Europe.

Un tel niveau de discriminations traduit un choix collectif, pas simplement une accumulation d'accidents ou de dérives individuelles. Nous ne sommes pas dans le "fait divers" de la discrimination mais bien dans un phénomène de société : même s'il existe des exceptions, même si des grandes écoles et des entreprises jouent le jeu de la diversité, les jeunes de banlieue, en particulier les hommes, peinent toujours autant à trouver leur place.

La faute aux employeurs, coupables de discriminations ? Sans doute. La faute aux jeunes eux-mêmes, "inemployables", trop éloignés des codes de l'entreprise, insuffisamment formés, parfois mal insérés ? Certainement. Mais on voit bien que ce niveau d'explication est insuffisant. Remontons d'une case dans le Meccano social. Les jeunes des ZUS, surtout les garçons, sont deux fois plus nombreux que les autres à n'avoir aucun diplôme à la fin de leur scolarité. Quand ils obtiennent des qualifications, elles sont systématiquement moins élevées que leurs concurrents du même âge sur le marché de l'emploi. »

« ... »

« Le métissage, oui ; mais pas pour ses enfants, que l'on s'empresse de scolariser ailleurs ou dans le privé pour les protéger des menaces supposées de la mixité sociale. Une "sécession sans guerre", selon l'expression du chercheur, qui amène à concentrer dans les quartiers les élèves en difficulté, lesquels échouent ensuite en plus grand nombre et finissent par rejoindre les bancs de Pôle emploi. »

« ... »

« "Le métissage, c'est la volonté de vivre ensemble. Le communautarisme, c'est le choix de vivre séparément", écrit justement Nicolas Sarkozy dans sa tribune publiée dans Le Monde (daté 9 décembre). Mais qui, dans la France actuelle, choisit de vivre séparément ? Pas tant les habitants des quartiers, assignés à résidence, empêtrés dans la pauvreté au point que la moitié des mineurs vit sous le seuil de pauvreté. "La logique du ghetto arrange tout le monde", résume Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois. Surtout les classes moyennes et supérieures, en réalité. »

 

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08 décembre 2009

Pourquoi Nicolas Sarkozy s'égare entre les minarets et l'identité nationale ?

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Le Monde - 08/12/2009 - Nicolas Sarkozy « Respecter ceux qui arrivent, respecter ceux qui accueillent »

Cette tribune du Président de la République me choque, me blesse autant qu'elle m'interpelle. Je ne me reconnais ni dans ces mots, ni dans cette vision de la France qui ne me ressemble pas.

Je m'interroge sur le parallèle plus que douteux qui est fait du résultat du référendum suisse sur les minarets et celui qui avait conduit les français à rejeter la Constitution Européenne en 2005.

Je m'interroge donc, sur le fait que Nicolas Sarkozy entend comparer un texte censé fixer des règles et des valeurs communes à une question qui mêle stigmatisation et rejet d'une différence cultuelle (et non communautariste).

Je m'interroge toujours sur l'affirmation du Chef de l'Etat lorsqu'il évoque la maturité de la démocratie helvétique et le possible résultat d'un tel référendum s'il avait été voté en France.

C'est oublier que les suisses sont des habitués des « votations citoyennes », de ces votes de proximité, alors que nos référendums sont fixés sur des questions de souveraineté ou d'organisation des pouvoirs publics. La parodie de notre référendum d'initiative populaire fait pâle figure. C'est occulter le fait que leur système fédéraliste opère comme une décentralisation pleine et entière, accordant une autonomie réelle de leurs cantons alors que notre Etat à nous, se borne à ne pas payer ses dettes à ses collectivités locales les laissant à leur triste sort. C'est masquer le fait qu'une telle question n'aurait jamais pu être posée aux Français au nom du sacro-saint principe de Laïcité.

Je m'interroge sans cesse, autour des contradictions idéologiques du Président de la République lorsqu'il parle d'une dénaturation possible du mode de pensée ou des relations sociales au sein des Peuples européens d'une part et revendique la tolérance et l'accueil reconnus de ces mêmes Peuples européens d'autre part.

Je m'interroge sur la volonté de lier les Etats, les hommes, les pensées, les cultes et les communautarismes dans un magma qui nous ramène au temps où cette « vieille Europe » a franchi le pas de tous les nationalismes, de toutes les intolérances, aboutissant aux plus grands malheurs portés par la guerre.

Je m'interroge avec désespoir lorsque notre Président revendique un soutien "cultuel" aux musulmans de France alors que dans de très nombreuses villes, comme dans la mienne à Puteaux, ces mêmes compatriotes sont contraints d'exercer leur culte à même le sol et ce par tous les temps ! Cet épilogue sur les minarets vire à la querelle de clochers....

Je m'insurge définitivement contre ce renvoi permanent aux racines chrétiennes de la France qui devrait justifier que tous les cultes ne sont pas logés à la même enseigne et que, seuls les musulmans de France sont tenus de faire preuve de compréhension devant les heurts ou les chocs que la pratique de leur propre culte serait censé provoquer !

Parce que la République est une et indivisible, le Chef de l'Etat doit s'adresser à TOUS les français sans poser de marqueurs de traçabilité !

Cette tribune me heurte car elle n'est pas conforme à ma vision de la France. Cette tribune me choque car elle contrevient à l'image d'une République où chacun dispose des mêmes droits et des mêmes devoirs. Cette tribune me blesse car je n'y retrouve aucun terme propre à ma conception de l'identité nationale.

Puisque désormais il faut avoir le courage de ses convictions. Puisque désormais il faut faire le choix d'être français ou d'être Sarkozyste. Mon identité à moi c'est d'être français !

Régis Sada