25 mai 2012

Pourquoi la peine de mort tue (aussi) des innocents ?

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Tout au long de l’année 2011, notre pays a subi une succession de meurtres et de faits-divers qui ont fait les beaux jours des partisans de la peine de mort. Une peine capitale abolie en 1981 par le courage politique assumé du président François Mitterrand et de son Garde des Sceaux Robert Badinter.

La cruauté des crimes perpétrés ont amené beaucoup à s’interroger sur cette abolition en considérant que la perpétuité actuelle n’est plus acceptable et, suffisamment dissuasive, pour des criminels qu’ils conviendraient de mettre hors d’état de nuire, définitivement.

Certains prônent donc une réforme des peines, avec notamment un rétablissement partiel pour les tueurs d’enfants ou pour les auteurs de crimes avec acte de torture et de barbarie.

Entre les abolitionnistes convaincus et ceux qui sont favorables à une telle réforme –totalement impossible- un véritable dialogue de sourd s’est installé. La peine de mort n’est pas sécable et donc pas modulable selon la nature du crime perpétré ! Aucun crime n’étant inférieur (ou supérieur) à un autre. 

A ceux qui me demandent pourquoi je m’oppose fermement à la peine de mort –en France comme ailleurs dans le monde- je réponds simplement que je crois notre société assez mâture pour assumer et juger ses criminels et, qu’en aucun cas je ne supporterais l’idée que l’on puisse assassiner un innocent. Ces propos provoquent souvent l’hilarité, et pourtant…

23 ans après avoir exécuté Carlos DeLuna en 1989 (reconnu coupable d’avoir poignardé une jeune mère de famille en 1983), l’Etat du Texas vient officiellement de reconnaitre son innocence suite à l’enquête menée par un professeur de l’Université de Columbia et quelques élèves.

Défaillances de la Justice américaine, enquête bâclée, avocat de circonstance commis d’office, indices perdus ou témoins non interrogés, constituent le récapitulatif obligeant le Texas à se déjuger et à reconnaitre… qu’il a tué un innocent !  

Carlos Deluna a commis le seul crime de ressembler comme deux gouttes d’eau et de porter le même prénom que le véritable assassin Carlos Hernandez. Ce dernier est décédé paisiblement en 1999 en prison suite à une tentative d’assassinat sur une femme. Pour l’ironie, Carlos Hernandez est décédé d’une cirrhose du foie…

C’est justement pour ne pas revivre l’épisode (restant non élucidé à ce jour) de Christian Ranucci en 1976, que je maintiens et je persiste dans l’idée que, quoi qu’il en coûte à la communauté, la peine de mort n’est pas synonyme du mot Justice. Face à la mort : aucun doute n’est permis !

A la manière de Benoît Lacroix : « Les plus innocents sont les meilleurs coupables ».  

23 mai 2012

Pourquoi le « FaceBook crash » ?

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La planète économique ne parlait que de ça depuis plusieurs semaines. L’introduction en bourse de FaceBook était un évènement attendu et la couverture médiatique ne lui a pas fait défaut. Mark Zuckerberg, le patron de FaceBook avait même poussé la chance via le carnet rose en modifiant son propre statut en engaged.

Toutes les conditions étaient donc réunies pour que les investisseurs portent le modèle économique FaceBookien au Panthéon de la réussite, sous réserve de se délester de quelques centaines de milliers de dollars leur permettant d’en devenir actionnaire.

Oui mais voilà, depuis l’introduction du titre au Nasdaq vendredi dernier, rien ne va plus au royaume du virtuel et le titre ne cesse de chuter. Côté 38 dollars vendredi, le titre ne s’échange plus aujourd’hui qu’aux alentours de 31 dollars !

Si les chroniqueurs économistes nous expliquent que les investisseurs d’origine ont souhaité rapidement récupérer leur mise de départ, tous s’accordent pour dire que ce démarrage boursier est l’un des plus gros crash de toute la décennie.

Chacun ira de sa propre analyse. La gestion Zuckerberg est-t-elle en cause ou est-ce le modèle économique même qui ne fait plus recette ? Les investisseurs rechignent visiblement à faire regonfler cette vieille baudruche de bulle internet !

Doit-on y voir une simple frilosité passagère ou une véritable cure de moralité du monde de la finance qui préfère miser désormais sur les hommes plutôt que sur le virtuel ? Car après tout, ne faisons pas dans la dentelle, FaceBook n’est rien d’autre qu’une galerie de portraits. Une galerie de destins qui se croisent mais qui ne se rencontrent pas forcément. Le royaume du virtuel, la terre sainte de tous les NoLife du monde !

Il est encore bien tôt pour prédire un éventuel crash boursier total de FaceBook. Soyons sport en souhaitant bonne fortune à Mark Zuckerberg. Les petits génies ne sont pas légions. Une chose est certaine : l’Humanité n’a pas attendue FaceBook pour se développer. Elle lui survivra quoi qu’il advienne !

A la manière de Jiri Pragman : « Internet est une toile où se projettent les passions comme les fantasmes, des pans de vie réelle et des réalités virtuelles, un réseau où se côtoient contestation et aliénation, fatalisme et fanatisme. »

30 novembre 2011

Pourquoi un nouveau jeu pour les enfants de 12 ans ?

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NOUVEAU JEU : CODE PENAL POUR LES ENFANTS

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LE FABRICANT FRANCAIS

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CONCEPT ORIGINAL - EXISTE DEJA AUX USA

07 novembre 2011

Pourquoi cette satanée démocratie ?

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« Gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple ». C’est par ces quelques mots qu’Abraham Lincoln définissait le principe de la Démocratie qui affirme la souveraineté du Peuple. Ces mêmes mots qui sont aujourd’hui inscrits à l’Article II de la Constitution incarnant le principe même de la République Française.

Pour un Peuple, accéder à la Liberté -après avoir mené sa propre révolution- ou à l’indépendance -lorsque l’on a été soumis au joug d’une puissance étrangère- se révèle comme un exercice difficile et douloureux parfaitement imagé par le proverbe qui dit que « l’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».  

Si les français sont restés calés sur leur propre modèle de Révolution, la « vraie », celle de 1789, et qu’ils sont toujours assez vantards pour penser que toutes les autres se sont calquées sur le modèle de celle-ci, ils ont oublié que la démocratie qui en a découlé n’a pas été de tout repos et que la République a du ferraillé durement avant de s’imposer –au début du siècle dernier- comme le régime politique de référence dans notre pays.

Ainsi, lorsqu’en 2011 le vent de la révolte a sonné dans les pays arabes et que les révolutions se sont succédées les unes après les autres, certains ont pensé que ces Peuples prendraient logiquement appui sur la version occidentale pour construire leur propre concept de Démocratie. Sauf que les Tunisiens ont donné une majorité relative à un parti islamiste modéré pour diriger leur nouveau Gouvernement et que les Libyens ont inscrit la Chariala loi islamique- comme référence de leur future Constitution.

Que n’a-t-on pas lu et entendu au sujet de ces vilains Tunisiens qui n’ont pas compris l’intérêt de chasser un dictateur voyou pour le remplacer par un Gouvernement dirigé par des islamistes sans nom ! Pourtant rien d’extraordinaire pour un pays où la Laïcité demeure une bizarrerie française.

Que n’a-t-on pas lu et entendu au sujet de ces sournois Libyensaidés de nos braves soldats- qui ont réussi à faire la peau au régime de terreur instauré par Khadafi et qui l’ont remplacé par un régime ultra-religieux et surtout…islamiste ! Pourtant rien d’extraordinaire pour un pays à dominante islamique.

A toutes celles et tous ceux qui ont la science infuse. A tous les historiens en herbe il convient de renvoyer au principe de l’autodétermination réaffirmé dans l’Article 1 alinéa 2 de la Charte des Nations-Unies de 1945 dans les buts de cette dernière :

« développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes ».

C’est au nom de ces droits que nous devons imposer l’idée qu’une révolution n’est pas supérieure à une autre. Que la volonté affirmée d’un Peuple, souverain, qui s’est battu pour sa propre Liberté, lui confère d’autorité le droit de choisir son propre destin même si celui-ci ne correspond pas au modèle qui est le notre ou que nous pensons le plus adapté.

Sur le même registre, il n’est pas inutile de rappeler que l’usage de la Démocratie peut conduire à de bien étranges paradoxes. Nous français, n’oublions jamais le 21 avril 2002 et le triste échafaud que nous avons réservé à la République ce jour là !

N’oublions pas non plus que des dirigeants choisis par le Peuple conduisent la politique pour laquelle ils sont élus. Lorsque ces derniers échouent, le Peuple sanctionne. Dans le même temps, ce même Peuple doit assumer pleinement les conséquences de ses choix. Les exemples grecs et de nombreux pays européens dans la crise que nous traversons actuellement renvoient un reflet désagréable de notre manque de discernement.

A la manière de Jacques Derrida : « Être démocrate, ce serait agir en reconnaissant que nous ne vivons jamais dans une société assez démocratique ».

26 octobre 2011

Pourquoi je n’oublie pas mes prisonniers ?

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Courir après le temps et faire face à ses propres priorités est le quotidien du tout à chacun. Mes dernières semaines ont été bien occupées. Le travail et les obligations n’ont pas manqué. Pourtant, même si mes « pourquoi ? » se sont espacés, je n’ai rien oublié et surtout pas les combats auxquels je crois et le sort réservé aux prisonniers.

Non, mon silence contraint ne m’empêche pas d’entendre le discours du président de la République, déjà entré en campagne, qui redonne jeunesse à sa vieille rengaine de 2007 en accusant une fin de non recevoir aux délinquants et autres criminels. Le bilan de ses quatre années de présidence ne lui permet pourtant pas de se prévaloir d’une quelconque satisfaction.

Le chiffon rouge est une nouvelle fois agité en se bornant à constater la forme plutôt que d’agir sur le fond. Aucune réforme sur l’aménagement des peines, sur l’impérieuse nécessité de se préoccuper de la vie carcérale et du devenir des détenus une fois rendus à la société. Aucune réforme sur les conditions de détention, sur le suivi sanitaire, psychologique et psychiatrique des détenus. Aucune réforme concrète pour redéfinir le rôle de l’enfermement dans notre pays.

A l’heure où certains pointent du doigt les carences d’une Education Nationale en voie de décomposition, le Chef de l’Etat répond par l’ouverture promise de 30.000 nouvelles places de prison en France et en adoubant le rapport du Député Ciotti qui n’a pour seule vertu que de répondre aux angoisses par d’autres angoisses.

La cellule de veille citoyenne fait son travail mais, avouons-le, le temps manque à tous pour répondre point par point à l’avalanche d’inepties dont nous sommes abreuvés avec une constance déconcertante !

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Non, mon silence forcé ne m’empêche pas de penser à l’épée de Damoclès suspendue sur la tête d’Hank Skinner et de son épouse Sandrine. Le contre la montre est désormais bien avancé et, si la Cour d’Etat du Texas ou la Cour Suprême des Etats-Unis n’en décident pas autrement, n’écoutent pas les protestations qui s’élèvent de par le monde, le 9 novembre prochain Hank Skinner subira le même châtiment que Troy Davis il y a quelques semaines.

Les mêmes doutes et les mêmes interrogations sur une possible innocence d’Hank Skinner des faits qui lui sont reprochés, suffisent à nous glacer le sang. Lorsqu’il y a doute, le bénéfice de celui-ci doit en être rendu à l’accusé car une fois la sentence de mort exécutée, tout retour en arrière est impossible.

Quelques jours après avoir fêter les 30 ans d’abolition de la peine de mort dans notre pays, les nouvelles en provenance du Moyen-Orient ou des Etats-Unis doivent interpeller notre conscience humaine et ne jamais renoncer à dénoncer la barbarie du châtiment suprême. 

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Non, mon silence obligé ne m’empêche pas de penser à mon ami, appelons-le Bob, qui comme l’éponge maladroite qu’il est, absorbe la bêtise en refoulant le bon sens. Engagé j’ai été, engagé je demeure. La bataille n’est pas terminée. Il convient à tous de retrouver ses esprits et de puiser dans ses propres ressources. Lorsque la méthode employée donne des signes de faiblesse, on se rebrousse les manches et on recommence autrement ! A bon entendeur…

Enfin, comme un triste record, comme une cruelle révélation d’erreurs cumulées, mon silence de quelques temps ne me fait pas oublier que depuis le 1er janvier 2011, 79 détenus ont mis fin à leurs jours dans nos prisons.

A la manière de Bertolt Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

22 septembre 2011

Pourquoi Troy Davis ?

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"Le combat pour la justice ne s'arrête pas avec moi. Ce combat est pour tous les Troy Davis avant moi et tous ceux qui viendront après moi"

 

21 septembre 2011 : exécution de Troy Davis

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11 septembre 2011

Pourquoi le monde d’après ?

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La crise financière et le soulèvement des peuples arabes ont ouvert la porte d’un « nouveau monde ». Ce nouveau monde, plus surprenant, plus effrayant parfois, succède au monde d’après. L’après ? C’est la période qui a succédé aux attentats du 11 septembre 2001, jour où les Etats-Unis ont perdu leur image d’infaillibilité au profit de celle de colosse aux pieds d’argile.

Si certaines dates symboliques retiennent notre attention par leur retour annuel dans le calendrier, certaines autres restes gravées dans nos mémoires après avoir vécu l’évènement en direct. Comme beaucoup, je me souviens précisément où j’étais et ce que je faisais lorsque les deux avions ont percuté les tours jumelles du World Trade Center.

Ce jour là, vers 14H46 à Paris et 8H46 à New-York, le monde a basculé dans l’après…

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Dix années n’ont pas effacé les images et les scènes apocalyptiques qui nous parvenaient de New-York. Dix années n’ont pas suffit à comprendre ce que la haine de l’autre est capable d’engendrer. Beaucoup ont pensé qu’avec la seconde guerre mondiale et la Shoah, la folie des hommes avait connue un point de non retour. Le 11 septembre 2001 cette théorie est partie en fumée au milieu des décombres des tours jumelles.

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La mort de Ben Laden au printemps dernier a certes porté un coup dur aux réseaux terroristes, mais elle n’a certainement pas fait disparaitre cette intolérance, cette haine de l’autre. Nous vivons dans le monde d’après. Un monde où l’homme n’a pas encore trouvé la bonne conjugaison du mot PAIX.

Les attentats du 11 septembre ont fait 2.995 victimes dont 343 pompiers. Cinq de nos compatriotes y ont perdu la vie.

A la manière de Sénèque : « Ce n'est jamais le temps qui manque aux scélérats pour nuire, et machiner de nouveaux attentats ».

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13 août 2011

Pourquoi le mur de Berlin ?

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HISTOIRE DU MUR DE BERLIN

09 août 2011

Pourquoi un nouveau contre-la-montre pour Hank Skinner ?

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Suite à la Conférence de l’association Ensemble Contre la Peine de Mort, j’avais évoqué le témoignage poignant de Sandrine Ageorges-Skinner qui nous avait relaté la journée du 24 mars 2010 où son mari Hank Skinner, condamné à mort au Texas depuis 1995, avait vu son exécution ajournée suite à une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis intervenue moins de 45 minutes avant l’heure prévue pour celle-ci.

Cette même Cour Suprême avait accepté courant mars 2011, qu’Hank Skinner puisse se pourvoir devant la juridiction civile du Tribunal Fédéral d’Amarillo (Texas) pour faire une nouvelle demande de tests ADN. Cette plainte toujours en cours, est contestée par l'Avocate Générale chargée du dossier  d'accusation qui cherche à la faire annuler*.  Hank Skinner continue de clamer son innocence.

Sans attendre la décision de ce Tribunal ou dans l’espoir d’hâter une décision de celui-ci, l’Etat du Texas a fixé une nouvelle date d’exécution d’Hank Skinner au 9 novembre prochain.

Un nouveau contre-la-montre est donc engagé. 90 jours, c’est le temps qui reste à la défense d’Hank Skinner et aux enquêteurs pour prouver son innocence et ainsi, lui éviter la peine capitale par injection létale.

A la manière de Gabrielle Roy : «Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Ça ne meurt pas, l'espoir ». 

*précision de Sandrine Ageorges-Skinner

01 août 2011

Pourquoi les Boot Camp débarquent en France ?

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Tous les étés depuis 1966 nous nous mettions à fredonner joyeusement : « les jolies colonies de vacances ! Merci papa ! Merci maman !…». Après l’annonce du dépôt de loi du député UMP Eric Ciotti sur l’encadrement militaire des jeunes délinquants après une bénédiction présidentielle, je prédis un avenir funeste à la sympathique chanson de Pierre Perret !

Jamais à court d’idées sur les questions sécuritaires et la lutte contre la délinquance, et en prévision des grands thèmes qui porteront sa campagne de réélection à la Présidentielle de 2012, le président Nicolas Sarkozy a laissé libre champ à l’aile très droitière de l’UMP (dite « Droite Populaire ») pour mener réflexion sur le sujet.

L’encadrement des mineurs délinquants suggéré par Ségolène Royal candidate en 2002, trouve ici une seconde jeunesse dans l’espoir d’endiguer ou de masquer ce qui demeure l’échec le plus cuisant de la majorité avec une délinquance des plus jeunes en constante progression.

Les Centres Educatifs Fermés créés à grand renfort médiatique en 2007 et qui promettaient de replacer les sauvageons et autres délinquants multirécidivistes sur le bon chemin ayant taquiné la case « d’usine à gaz » bien plus que celle de « franc succès », le président Sarkozy opte pour un nouveau concept Made in USA : Attention mesdames et messieurs, les Boot Camp débarquent en France ! Chez nous ils porteront le nom de Service Citoyen

Si vous recherchez sur Google le terme « Boot Camp » vous serez surpris de constater que de notre côté de l’Atlantique ces camps sont dédiés essentiellement à la perte de poids, à la cohésion d’entreprise ou à la remise en forme grâce à l’effort ! Quel rapport avec un quelconque « matage de racailles » s’il est juste question des les habiller en treillis et de leur faire subir un erzats de préparation militaire ?

C’est parce que de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis, les « Teen Boot Camp » sont des colonies beaucoup moins sympathiques où les parents de jeunes un peu difficiles, un peu drogués ou un peu homosexuels sont une véritable institution depuis de nombreuses années. Pour quelques milliers de dollars la session, d’anciens militaires aux méthodes très militaires, assurent le discipline, redressement et rééducation de votre progéniture en un temps record. Les tribunaux américains proposent également cette solution comme une alternative directe à l’incarcération des jeunes délinquants.

Nés dans l’Etat de l’Utah par la congrégation des Mormons très à cheval sur une certaine vision de l’éducation et imbibée d’un esprit religieux clairement affirmé, c’est aujourd’hui une quarantaine de Boot Camp qui on fleuri sur tout le territoire des Etats-Unis, pour toutes les formes de déviance ou délinquance et accessible presque à toutes les bourses.

Un petit exemple en vidéo pour vous donner envie ?


Dans un pays où l’incorporation militaire est érigée au rang de religion, des versions camps militaires officiels existent pour l’US Army, la Navy, l’US Air Force, les Marine’s ou les Coast Guards. Ces derniers n’ont pas de vocation corrective, mais permettent de repérer celles et ceux qui seront en mesure d’intégrer l’armée américaine.

En France, c’est donc par la voix d’Eric Ciotti et de sa proposition de loi, que nous nous apprêtons à voir fleurir ce type de camps « version France » où je ne doute pas que les sévices et autres humiliations répertoriées aux Etats-Unis n’auront pas droit de cité. Pas du tout pour les mêmes raisons, c’est quant même nos amis les « racailles » et le Front National qui vont être contents :)

En France, toujours pas de pétrole mais toujours autant d’idées, même en été ! Avouons quant même que parfois, le trop plein d’idées tue les meilleures idées…Merci M. Ciotti de venir si joliment nous le rappeler.

A la manière d’Alphonse Esquiros : « Si un homme a une grande idée de lui-même, on peut être sûr que c'est la seule grande idée qu'il ait jamais eue dans sa vie ».